Cycle Schubert Daniel Barenboim / Staatskapelle Berlin (2 et 3/3)




Berlin, Boulez-Saal, le lundi 26 juin 2017
Schubert, Symphonie n°8 en si mineur, D.759 ; Symphonie n°9 en ut majeur, D.944
Le mardi 27 juin 2017
Schubert, Symphonie n°1 en majeur , D.82 ; Symphonie n°3 en majeur, D.200 ; Symphonie n°2 en si bémol majeur, D.125
Staatskapelle Berlin
Daniel Barenboim, direction


Un mois exactement après le « programme n°2 » (symphonies 4 à 6), Barenboim et sa Staatskapelle donnaient le n°3 (symphonies 8 et 9) bouclant un cycle absolument marquant, en dépit de ses faiblesses occasionnelles : marquant par sa rareté, sa force de conception intégrée (un chef qui impose sa patte, un orchestre doté d’une vraie identité sonore, une salle unique en son genre), sa cohérence, son sérieux. Le lendemain, chaque programme étant joué deux fois en permutant les ordres de passage, on rejouait le n°1 (les trois premières).

Les deux dernières symphonies de Schubert sont celles dont l’évolution a probablement été la plus appuyée depuis l’enregistrement du cycle par Barenboim avec le Philharmonique de Berlin il y a trente ans. Il est vraisemblable que, particulièrement dans le cas de la Grande, le jeune chef d’alors avait voulu marquer un territoire, à la seule époque de l’histoire de l’enregistrement (les années 70-80) où celui-ci a été fréquemment arpenté. Outre le fait de proposer une conception résolument romantique dans la culture sonore et les références stylistiques de la direction, Barenboim offrait (il fut, sauf erreur, le premier à le faire), la totalité des reprises, y compris la rarissime du finale de la Grande, signant logiquement une 9e de plus d’une heure – les tempos, dans les six mouvements, se tenant plutôt dans la moyenne retenue de surcroît. De tous ces marqueurs, il n’y a guère, on en parlait déjà au sujet des symphonies médianes, que le sentiment d’un cycle sous auspices ou augures furtwängleriens qui demeure, et pour le meilleur. Les reprises, jugées raisonnables seulement dans les conditions du studio peut-être (Harnoncourt les avait néanmoins osées dans la Grande lors de son cycle live avec les Berliner) ont, comme dans les autres symphonies, toutes disparu, y compris dans l’Inachevée. Et la sonorité a non seulement été dégraissée, mais s’est muée en rapport avec les conditions acoustiques si spéciales de la salle Pierre Boulez, mettant la transparence des textures et la prégnance absolue de la petite harmonie à l’honneur, ainsi qu’un jeu de timbales musclé quoi que des plus allégés de son – on y reviendra.
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