Lise de la Salle à La Roque, enfin la consécration?

∏ /
 - La Roque d'Anthéron, parc du château de Florans,  le 12 août 2010.
- Weber, Oberon, ouverture  - Liszt, Concerto n°1 en mi bémol majeur - Chopin, Concerto n°2 en fa mineur, op. 21.
- Sinfonia Varsovia - George Tchichinadze, direction.
- Lise de la Salle, piano. 
Sur la scène du parc du château de Florans, le 12 août. © X. Antoinet




   
Deux choses n'ayant rien à voir avec le concert

   I) Autant que ce soit réglé maintenant, et une bonne fois pour toutes. Une des raisons - certes  secondaire - pour lesquelles j'ai créé le petit concertorialiste est que je voulais pouvoir continuer à écrire sur Lise de la Salle. Ce qui n'aurait rien eu de très sorcier : il m'aurait suffit de me rendre à ses concerts (un plaisir), de demander une invitation presse (une formalité en dehors de Paris, une épreuve plus ou moins difficile mais supportable à Paris), et de rédiger un compte-rendu faisant quelques concessions à l'exercice journalistique pour Classiqueinfo. C'est-à-dire, s'agissant du dernier point (et ce serait pareil pour n'importe quel autre site ou revue), en usant d'un "nous" dont on ne sait jamais s'il engage la rédaction ou son hypothétique majesté, et en nommant froidement l'interprète par son nom : double procédé de mise à distance fort bien trouvé pour légitimer une profession dont l'hypocrisie n'est pas le moindre des traits de caractère, au même titre que la capacité à prendre le lecteur pour un imbécile. 
    J'avais jusqu'à il y a peu toujours réussi à me garder de cette situation consistant à écrire, selon les contraintes susmentionnées, sur un artiste que l'on appelle par son prénom des choses que l'on aurait perçu de façon très différente s'il s'était agi d'un étranger. Cette situation, je tiens à le souligner, est une quasi norme pour de nombreux critiques, en particulier ceux officiant dans la presse imprimée. Et je pourrais parler longtemps de ces scènes de dîner d'après-concert réunissant journalistes, producteur de concert et interprète, ou de ces promotions radiophoniques de disques où le promoteur n'est autre que le bienveillant rédacteur du livret de la galette en question. Ou encore de ces comptes-rendus de concerts dont l'auteur a signé la note de programme contre très généreuse rétribution (et je sais de quoi je parle, quoiqu'en pareille situation je me sois toujours interdit de jouer sur les deux tableaux : il me semble bien avoir été le seul à Paris, d'ailleurs). Quoiqu'il en soit, je suis maintenant dans cette situation, et la seule possibilité qu'il me restait pour parler de Lise était ce blog, dans la mesure où la condition était de signaler la particularité de mon écoute à son égard - et à l'égard de n'importe qui d'autre que je connais et dont je pourrais parler un jour. Il est parfaitement évident que je n'aurais jamais pu le faire savoir dans quelque cadre estampillé "presse" que ce soit. Pour le reste, j'estime n'avoir guère à me justifier: le jour où j'ai découvert Lise, j'en ai dit ceci, je ne la connaissais pas et n'avais guère de préjugé favorable à son propos. Sujet ouvert comme il se devait et clos comme il se doit maintenant.

    II) Puisque j'y renvoie pour la deuxième fois déjà sur le petit concertorialiste, ceux qui ont lu mes articles sur Lise se diront peut-être après celui-ci que je vire blasé, voire me lasse bien vite. Il est vrai que mon compte-rendu de son récital Chopin au Châtelet en février dernier donnait moins dans la dithyrambe que les précédents. En fait, je ne me lasse pas du tout : non seulement je retourne l'écouter (encore heureux, étant donné tous les pianistes que je retourne écouter en me demandant pourquoi), mais fin avril je me suis rendu à Epernay où elle redonnait, d'abord, les trois-quarts de son programme du Châtelet (première et troisième ballade, deuxième sonate de Chopin). C'était déjà, en tout cas pour les ballades, assez nettement meilleur qu'à Paris, et donc très bon. Mais surtout, j'ai entendu en seconde partie les plus belles - de très loin et sur beaucoup - Etudes Symphoniques arrivées en concert à mes oreilles, les plus belles tout court d'ailleurs si n'avait été Gilels. Je n'ai pas rendu compte de ce récital, ayant alors déjà décidé de ne plus demander d'invitations pour les prestations de Lise, et ne disposant pas encore du présent outil : tout le monde ne le sait pas, mais il est impossible pour un critique de publier dans un organe journalistique sans avoir été invité au concert (forme suprêmement subtile d'auto-censure, quand on y réfléchit une minute). Quoiqu'il en soit, si j'en parle ici, ce n'est pas pour compenser autre chose, mais pour signaler dès à présent aux amoureux parisiens du piano, de Schumann et des sensations fortes qu'ils doivent en cette minute ouvrir un nouvel onglet ici, cliquer sur réserver et s'acquitter des désagréments d'usages. Voyez donc comme je ne suis pas blasé : du reste, ces Etudes Symphoniques, j'aurais donné cher pour qu'elles soient au programme de son retour sous la conque...

J'en viens - quand même - au concert

© X. Antoinet
    Je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter ce concert, comme cela arrive parfois et pas forcément avec les interprètes que l'on connaît, avec une sorte de trac par procuration (en fait, une vraie boule dans le ventre). Dans notre pays où LDLS n'a été prodigue que par intermittences (alors qu'elle remplit n'importe quelle salle à Berlin, Vienne, Tokyo ou Los Angeles toute l'année), le privilège assez peu commun de jouer deux concertos sur la scène principale du festival sonnait comme un petit tournant, auquel ses débuts en récital au TCE en janvier prochain font déjà écho. Un symbole aussi, puisque c'est à La Roque qu'elle a été révélée il y a six ans, ce qui n'avait pas évité que son extraordinaire Jeunehomme soit relegué dans la grange de l'étang des Aulnes l'an passé. Bref, mieux valait sans doute qu'elle ne passe pas à côté de cette opportunité de s'installer un peu plus solidement dans les cœurs français. Dieu merci, à en juger par les salves de claque-pieds sur les gradins du parc, l'opération semble avoir réussi : je me suis laissé dire qu'à une époque relativement lointaine, où LDLS apprenait à marcher et moi à écrire, ce genre de manifestation d'enthousiasme était le privilège notoire d'un cercle de monstres du calibre de Pletnev, Virsaladze ou Argerich. Manifestement, cela a bien changé et j'ai entendu parfois ce brouhaha accorder des honneurs assez improbables l'été dernier : mais enfin, on dira que...
    Le concert donné à La Roque était par ailleurs inhabituel pour moi, puisque c'était la première fois que j'entendais au concert Lise jouer des œuvres que j'avais déjà écoutées par elle au disque. Si je devais faire très court, je dirais que l'impression que j'ai retiré de cette soirée a été inverse à celle produite par les disques - en schématisant beaucoup. Dans son premier enregistrement concertant, je préfère d'assez loin le Liszt 1 aux Chostakovitch et Prokofiev 1, pour la pianiste mais surtout parce que c'est chez le seul non Russe que l'orchestre Gulbenkian et Foster me dérangent le moins (il sont très quelconques dans Chosta et passablement ridicules dans Proko, transformé en mauvais Ravel). Mais je préfère toutefois de loin l'enregistrement qui sort ces jours-ci du Chopin 2, d'abord parce que Lise a pour partenaire la Staatskapelle de Dresde (sans commentaires), et surtout parce que ce témoignage live authentique a l'immense mérite d'exister comme tel. 


Liszt
 
   Le Sinfonia Varsovia n'est pas bien meilleur en qualités instrumentales intrinsèques que le Gulbenkian (quelle idée saugrenue de faire jouer à ces malheureux premiers violons l'ouverture d'Oberon !), mais ne dérange pas davantage : en revanche, la soliste a pris par rapport au disque une assurance très supérieure, et son piano s'affiche d'entrée dans un bon jour : solide à souhait bien sûr, mais surtout plein et généreux : et on retrouve la pianiste capable  sans détimbrer d'occuper un espace dynamique dont peu d'hommes sont capables. Plus important et appréciable encore, les premiers traits mélismatiques de l'exposé, comme la plupart des suivants, donnent également les signes d'un soir avec. Comme pour un certain nombre d'autres (bons) pianistes, l'indice qui ne trompe guère avec Lise est souvent le degré de propension à river le corps par dessus le clavier pour assurer les notes en les surarticulant : ici, le bras est libre et souple, le buste garde sa distance, et la phrase est donc chantante et dépourvue de sophistication superflue. On sait par ailleurs que Lise est une pianiste intéressée par ses partenaires et dont la qualité d'écoute n'est pas la moindre : sa capacité à suivre - mais non sans directivité - les soli de violon et clarinette l'ont remarquablement rappelé. 
    Mais c'est surtout à partir du second mouvement que l'interprétation décolle - est-ce juste parce que l'entame très réussie du premier m'a fait espérer une gamme conclusive plus distinguée ?... Quoiqu'il en soit, je suis toujours aussi impressionné par la capacité de Lise à animer des épisodes variés tendant vite au prosaïsme et au remplissage avec d'autres. A ce titre, la récitative transition entre les soli de violoncelle et de hautbois (de D à E) a été un régal, et la façon de créer sur deux mesures d'inflexion de trille (le vrai smorzando demandé ici par Liszt, en très classe), la transition vers le troisième épisode  (le scherzando) encore davantage. Le lyrisme de ses octaves dans la réponse aux appels de trombones dans le finale (qu'elle a l'intelligence de prendre le temps de construire) l'était à peine moins. Bref, pianistiquement et dans la domination formelle, il n'y avait pas lieu de tempérer l'enthousiasme... sauf pour ceux qui ont récemment entendu le Berezovsky récent dans ce concerto : je n'en fait hélas pas partie, mais n'ai absolument aucun mal à croire que sa mozartianisation coutumière ait fait entendre une continuité totalement différente de la structure éclatée et rhapsodique entendue d'ordinaire, et sans doute sublime et inouïe. Mais moi, comme la plupart des mélomanes, j'en suis resté aux classiques : Fischer, Richter, Zimerman, qui n'évitent nullement l'éclatement narratif, et à cette mesure là, Lise fait mieux que se défendre.


Chopin


© X. Antoinet
    En parlant de Zimerman, l'écart qui la sépare de ce dernier est très certainement supérieur dans Chopin : quoi de plus normal, me direz-vous. Oui, et non : d'abord, je ne suis pas un inconditionnel du Polonais ; ensuite, je pense sincèrement qu'à son meilleur pianistique,  et dans le répertoire qui lui va le mieux maintenant (Bach, Mozart, Beethoven, le Schumann "spécial" qu'elle a judicieusement choisi) ou la révèlera plus tard (Brahms, c'est évident!!), la force de concentration et de détermination de Lise la rend plus forte que tous les pianistes du circuit mondial à part quatre ou cinq. Je reparlerai ici de son disque Chopin, ce qui sera davantage l'occasion de le comparer à l'OM(usical)NI qu'est le récent remake de Zimerman. Je me contenterai ici de dire que la question se pose parce que leurs deux optiques sont assez proches : et ce sont des optiques qui ont ceci de particulier qu'elles rendent la réussite encore plus difficile que d'ordinaire. A savoir, la recherche d'un lyrisme héroïque, à la fois extrême et très architecturé, conduisant à des maximisations des oppositions, qu'elles soient métronomiques (dans le I), dynamiques (dans le II), relevant de la stylisation rythmique (dans le III). Dans une musique qui d'entre toutes est peut-être celle qui réclame le plus d'épure et de simplification expressive pour qu'on touche à sa grandeur, ce démiurgisme s'apparente à une gageure. Comme s'il s'agissait de tendre une architecture, de façon beethovénienne, là où l'architecture est produite par une tension continue de l'écriture - ce qui historiquement a dû permettre dans le fa mineur la supériorité des pianistes dotés d'une faculté de décontraction hors-normes, François, Cherkassky et aujourd'hui Boris et Pletnev.  


    La très bonne surprise initiale de cette seconde partie est que, apparemment, plus d'un an de fréquentation régulière de l'œuvre a bonifié le sens de l'unité dont fait preuve Lise dans le premier mouvement. Les contrastes thématiques apparaissent moins volontaristes et appuyés que sur son concert de Dresde (qui date de septembre 2009), et le résultat est de très belle facture, notamment en ce que les deux exposés du matériau élégiaque ont considérablement gagné en fluidité et en naturel expressif. Mais je continue de penser que les développements de ces sections comportent trop de points d'appui :  l'exemple pour moi hautement symbolique est le renforcement dynamique et d'intonation dont elle charge les seuls endroits de ces sections où l'orchestre peut chanter (m. 155-159 & 305-309). A sa décharge, non seulement la quasi totalité des pianistes font pareil, mais à peu près aucun orchestre ne prend sa part à l'ouvrage ici, et il faut bien compenser... ou pas, après tout. J'ai tendance à penser que, sur un malentendu, si le pianiste s'efface de toute tension ajoutée, l'écoute et donc le jeu des cordes ne peuvent que s'altérer positivement, par rapport à un soliste occupant tout l'espace sonore et discursif. A cet endroit du concerto,mais aussi à une bonne douzaine d'autres, c'est bien là le problème.

    J'aurais privilégié, sans doute, ma perception globalement positive du I si je n'avais pas trouvé la suite moins réussie que le concert enregistré - qui grosso modo ne cesse de s'améliorer en avançant. Dans la mesure où Lise a certainement une vision plus aboutie de l'œuvre maintenant qu'il y a un an, il est plus que probable que la fatigue ait joué. Sauf erreur, c'était la première fois qu'elle jouait ce concerto, qui n'est pas le moins dense du monde... après en avoir joué un autre. Peu aidée par le manque d'assurance de ses partenaires - notamment dans la transition vers la partie centrale du II - le concerto devait donc se terminer plus à l'énergie qu'autre chose. Ce qui est rassurant quoique peu surprenant est que LDLS a le piano et les reins suffisamment solides (cela n'a rien de banal) pour assurer la fin de parcours sans aucun accroc factuel ni défaut de présence physique - quoique j'aurais préféré qu'au milieu de la coda (m. 440-449) la grande montée en triolets brisés soit moins propre mais reste battue au triolet... Dans cette même coda, combien aujourd'hui de pianistes osent ou oseraient jouer les gammes précédentes pp comme écrit ? Que je sache, deux, dont un n'est paraît-il pas pianiste (ci-dessous, pour le plaisir) ce qui relativise beaucoup le reproche. J'y reviendrai, mais au moins importe-t-il de signaler que sur son disque, cette coda est très belle. Ce qui fut indéniablement beau en cette fin de soirée était peut-être lié à l'excès d'abattage nécessité par le programme : j'ai entendu sept fois Lise jouer le nocturne en mi mineur, en bis ou dans des émissions diverses, et celle-ci était d'assez loin la plus tenue et touchante. Broum-broum sur les gradins, donc, et finalement, une forme de soulagement plutôt pas désagréable. 

     Tout cela peut sembler sévère: avant ce qui suit, dois-je rappeler que comparativement au dernier 2e de Chopin donné à Paris (Evgueny Kissin), celui de Lise est merveilleux?

   
A première vue, montrer ceci dans ce contexte est très inélégant, n'est-ce pas ? Mais bien considéré, pas du tout : ce qu'on voit et entend ici renvoie à un âge perdu du piano - celui de Rachmaninov, Moiseiwitsch, Hoffmann - et de la musique en général, et en cela ne relève pas des critères normaux de la critique, puisqu'on est face à ce qu'il est commode d'appeler le génie. Le seul problème du génie étant qu'il parasite parfois l'écoute de ce qui n'est que très bon. Cet extrait est donc l'excuse qu'ont mes oreilles, trop gâtées pour ne pas faire la fine bouche.

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments