jeudi 19 mars 2015

[Plaque] Henri Dutilleux, compositeur français (1916-2013)



Par un mélange épatant en son genre de légèreté, d'incompétence et de lâcheté, la Ville de Paris aura imprimé une tache indélébile sur l'honneur pourtant inattaquable d'un grand artiste, la pire tache qu'est celle de la rumeur, de l'insinuation, du doute que porte la confusion des mots et des pensées. 
Mais ce n'était pas encore suffisant : fait passé assez sous silence, l'autorité intellectuelle derrière laquelle s'est réfugiée cette bureaucratie piteuse et aux abois nous propose de cracher une deuxième fois sur la tombe d'Henri Dutilleux. 
Car il y a, il y aura bien la plaque. Mais aussi, ce qu'on écrira dessus.


mardi 30 septembre 2014

Grève du Philhar le 3 octobre, communiqué des musiciens et de M. Franck, et quelques observations


Ci-dessous, est relayé le communiqué des musiciens du Philhar' faisant au dépôt d'un préavis de grève le vendredi 3 octobre. 
Avant cela, quelques mots sur ce sujet qui agite la rentrée musicale parisienne et peut sembler, de loin, être un énième avatar des scrogneugneu-conflits entre piètres et éphémères dirigeants de la maison ronde et musiciens-fonctionnaires ronchons et paresseux. C'est tout le contraire, mis à part sans doute pour les premiers adjectifs.
Si le concert du mercredi 1er octobre à Laon est maintenu (l'orchestre y sera placé sous la direction de Tito Ceccherini),

vendredi 25 octobre 2013

Recension : Alessandro Arbo, Entendre comme. Wittgenstein et l’esthétique musicale


Petit à petit, la littérature francophone sur Wittgenstein et la musique (ou l’esthétique et la critique culturelle en général) s’enrichit, après avoir été nettement le parent très pauvre des études wittgensteiniennes en général et de celles en langue française en particulier. Nous avions rendu compte l’année dernière de notre lecture du dernier recueil d’investigation d’Antonia Soulez à ce propos (voir ici)) [1], en soulignant le mérite de l’existence jusqu’alors inédite d’une somme spécifiquement dédiée à la variété des problèmes, et points de vue sur les problèmes « musicaux » légués par Wittgenstein. Cette rareté peut sans doute s’expliquer par le fait que, plus encore que dans les champs à présent classiques du langage ordinaire et de la philosophie de la psychologie, Wittgenstein n’a non seulement pas laissé de théorie ou de système – ce fait est parfaitement connu et admis – mais n’a pas laissé davantage que des suggestions, certes nombreuses, de manières de « penser à » un problème, une situation, un fait.

lundi 22 juillet 2013

Maria Grinberg, cours Beethoven à l'Institut Gnessin, février 1961

Voici, pour la première fois accessible en français, un document d'une valeur inestimable : l'unique enregistrement à ce jour connu de cours de Maria Grinberg, qui plus est portant sur les sonates de Beethoven, dont elle fut, pour nous, le plus important interprète intégraliste (1960-1974, Melodya) du siècle passé. Ce témoignage trop court est d'autant plus précieux qu'il est rare, peut-être unique : on sait de quel ostracisme Grinberg a pâti dans le système d'enseignement et de distinction académique moscovite, et quelles difficultés elle a rencontrées pour n'obtenir "qu'un" poste de professeur à Gnessin, à défaut du Conservatoire ou de l'Ecole Centrale qui lui étaient systématiquement refusés. 
Ce n'est pas le moindre des paradoxes que d'apprendre que la recommandation du pape du professorat pianistique soviétique, l'absolument misogyne Neuhaus, en vue de cette nomination, ne suffit même pas à ce que la chaire lui fût confiée (alors que son enseignement à Gnessin débute en 1959, Neuhaus disparaissant en 1964, elle ne sera nommée professeur qu'en 1970, à soixante-deux ans, huit années avant sa propre mort). 
Ces deux mini-cours d'une demi-heure environ chacun sont conclus par une exécution intégrale de la sonate examinée, apparemment enregistrée dans la foulée du cours, et donc très probablement distincte des versions connues par le disque. Sont traitées les sonate n°1 et 6. Le passionné de l'enseignement historique du piano ne pourra que se réjouir de compléter son cours (rédigé et "partition en main") sur l'opus 2/1 de Gieseking (voir ci-dessous) par celui, doucement déclamé et magistralement illustré au piano, de Grinberg.
Traduction des cours : Valentina Chepiga.