Kozhukhin, (encore) excellent élève

© Richard Termine/New York Times
  ∏
- Paris, Théâtre des Bouffes du Nord, le 11 octobre 2010

- Haydn, Sonate en mi bémol majeur, Hob. XVI/49 - Schumann, Etudes Symphoniques, op. 13 - Moussorgsky, Les Tableaux d'une Exposition

- Denis Kozhukhin, piano





    J'ai découvert le vainqueur de l'édition 2010 du Reine Elisabeth quelques mois avant son accession à la reconnaissance internationale, lors de son passage aux Mardi d'Animato à la Salle Cortot. Une apparition se détachant aisément du niveau très décevant de cette saison, qui avait été marquée par l'inflation de préparationnaires - le plus souvent asiatiques - au Chopin. En tous cas assez solide pour que, constatant la consistance inhabituelle du jury bruxellois, j'annonce sa victoire - un malentendu, en réalité : j'avais omis d'écouter sérieusement Yuri Favorin, qui était sans doute le meilleur pianiste de cette compétition. Kozhukhin avait à Cortot joué une sélection de sonates de Soler (bien), la Bénédiction de Dieu dans la Solitude (absolument excellent), la 3e de Chopin (très correcte mais sans que j'y croie) et quelques préludes de Rachmaninov (sympathiques et généreux, mais loin d'être grands). J'avais noté un piano chaleureux, plein et intelligible à la fois, sans grande personnalité sonore, mais ce n'est pas une chose indispensable quand les qualités conductrices sont à la mesure de la maîtrise pianistique. Le problème dans son cas était le caractère erratique de cette conduite. Non que le courant s'éteigne et se rallume en alternance : à l'échelle de la jeune scène internationale, Kozhukhin fait partie de ceux qui ne se perdent sûrement pas souvent, c'est assez rare pour être signalé. C'est plutôt le feu sacré qui semble chauffé par un courant alternatif. La différence, de ce point de vue, entre son Liszt et son Chopin était assez frappante. Ce lundi aux Bouffes du Nord, il m'a fait vivre la même expérience en encore plus spectaculaire. 

    La sonate XVI/49 est certainement la plus difficile de Haydn, pianistiquement et intellectuellement. Elle reste un peu moins prisée que les plus immédiatement émouvantes XVI/20 ou 50 (les ut mineur et majeur) et bien sûr que la XVI/33 (la fa majeur), peut-être pour cette raison. Peut-être aussi est-ce pour cela que des monstres tels que Serkin et Horowitz ont tous deux jugé bons de s'y confronter au crépuscule de leurs carrières - Serkin, qui devait aimer sa sévérité stoïciste, n'en a d'ailleurs pas donné d'autres, à ma connaissance. Je ne vais pas comparer Kozhukhin à Serkin ni Horowitz - non que je sois contre la confrontation des disparus et des vivants, mais à calibres confirmés comparables. Mais force est de reconnaître que le jeune russe fait beaucoup mieux que tenir la route ici : il parvient à la tracer. C'est assez paradoxal au vu de ce que j'en pensais déjà et en pense finalement toujours, mais il parvient ici très bien à mener ses mouvements d'un point à un autre sans compensations décoratrices, ni détours narratifs inutiles. Il n'omet pas de reprises, en plus. Le piano est fort beau, rien n'est surarticulé mais tout est clair et rebondit suffisamment. Les deux derniers mouvements surtout sont étonnants, comme on dit un peu bêtement, de maturité. Plus convaincants encores dans la qualité, l'unité de conduite, que la prestation ci-dessous, extraite du Reine Elisabeth.

 

    Regain de popularité, besoin de substituer quelque chose aux Chopin dont une partie du public ne veut plus ? Je crois que les Etudes Symphoniques sont l'œuvre que j'ai le plus entendue au concert, à égalité voire avant la funèbre de Chopin. J'y ai écouté ces deux dernières années Lise de la Salle, Dinara Klinton (ces deux-là, dans cet ordre, étant très au-dessus du lot), Denis Matsuev, Eric Le Sage, Sergueï Smirnov, Yuja Wang, Ilya Rashkovskiy et Jorge Luis Prats Prats. Dans cette liste, à l'exclusion des deux premières, rien de  franchement déshonorant ni de transcendant - ni même de franchement bon. Denis Kozhukhin rejoint tranquillement ce ventre mou, pas tant pianistique (on y trouve des musiciens très inégalement dotés techniquement) que de possession de l'œuvre, de capacité à la traverser en étant traversé par elle. Il a pourtant la bonne idée de faire l'impasse sur les cinq variations posthumes, qui sont trop souvent jouées et ne réussissent pas à grand monde. L'ennui, c'est qu'une fois qu'on a enlevé les posthumes, et que l'arche est supposée pouvoir apparaître plus naturellement, il reste à la tendre, cette arche. Et si cela rate si souvent (en fait, que les posthumes soient insérées ou non), c'est que le bât blesse dès l'enchaînement du thème et de la première variation. Comme de coutume, la tension chute au milieu du thème, le tempo perd en stabilité et tend à presser sans but, et la variation repart de zéro sans qu'un climat ne se soit installé.
    La suite n'est guère plus convaincante, à part, de façon relative, sur le plan du piano, qui ne cogne jamais, est harmoniquement intelligible quoique pas assez dense en relief ici. La seconde variation , trop rapide, manque beaucoup et de chant et d'ampleur dynamique. La cinquième n'apporte aucune respiration, ni physique ni spirituelle à la quatrième - bien jouées, ces deux-là ne devraient en former qu'une. Dans ces conditions, l'observance louable des reprises est ardue et parfois à la limite du superfétatoire - dixième variation, qui tourne à vide. Le finale sauvera un peu les apparences, car en plus d'être aussi propre et stable (thème mis à part ) que le reste, il est intelligent et ne voit pas trop grand pour les moyens du pianiste : Kozhukhin donne aux deux épisodes intermédiaires un caractère optimiste presque pastoral dans sa franchise un peu naïve. A défaut d'oser ralentir, de révéler le drame et le chant d'amour, c'est une solution acceptable puisqu'elle est assumée et tenue.

    C'est là que je retrouve le schéma entendu avec son couplage Liszt-Chopin : tout se passe, en tout cas dans le répertoire romantique, comme si ce pianiste avait besoin d'une représentation, voire d'une symbolisation préalable qui lui serait livrée avec les partitions. Ce n'est pas lui faire injure de dire qu'il n'a rien à dire dans les Etudes Symphoniques : d'abord, ce n'est pas qu'il n'est pas seul, c'est qu'il est comme à peu près tout le monde. Ensuite, je ne vais pas cracher sur un pianiste qui, au moins, ne passe pas du tout son temps à montrer qu'il a quelque chose à dire, et qui préfère plutôt montrer, sans ostentation, qu'il sait jouer du piano - ce qui en général dit beaucoup plus de choses. Mais simplement, il fait partie comme par ricochet de cette qualité de ces musiciens qui sont d'autant plus à l'aise que l'imaginaire leur est suggéré le plus directement. C'est en cela que c'est la même réussite, ou presque, qui habite ses Tableaux et sa Bénédiction. Les beautés pianistiques n'ont pas grand chose de plus marquant que dans Schumann, mais tout semble tellement plus libéré et plein de sens. C'est d'autant plus passionnant à écouter que Kozhukhin propose une vision assez traditionnelle du monument, majestueuse sans lourdeur, toujours incarnée : mue par le sentiment qu'il s'agit d'une sorte de liturgie profane de la Russie éternelle, habitée par le choc entre la plus grande distinction et la plus fantastique sauvagerie. Alors que, deux jours plus tôt, Aleksander Madzar proposait son interprétation marginale mais très accomplie, toute de fondus enchainés et de sous-entendus. Bien sûr, il y a encore dans ce sens du grand un soupçon de révérence trop palpable, donc de timidité : mais tout sonne juste, techniquement et spirituellement. 
    Quelques réserves toutefois : son Vieux Château manque de puissance de respiration, et l'intimité ne  se suffit pas à elle-même ici comme avec le Serbe. Baba Yaga connaît quelques heurts dans la stabilité qui ne paraissent pas entièrement désirés. Et après Madzar, dans l'oreille certains traits de Tuileries ou de Goldenberg & Schmuyle manquent un peu d'élégance naturelle... mais rien de tout cela n'est franchement gênant. La Grande Porte est elle de toute beauté, - c'est sans doute la plus belle que j'ai entendue depuis Andsnes - équilibrée, architecturée sans volontarisme mais avec évidence, et non sans prises de risque - le détaché molto rallentando à l'ultime octave de la dernière grande descente, très réussi, sans aucune vulgarité. Kozhukhin devra être et sera forcément réentendu, mais j'espère qu'il aura alors dépassé le stade d'élève modèle pour concours - dans le sens le plus noble de l'expression, tout de même. Il est d'ailleurs frappant comme, à dons pianistiques très comparables, ses Tableaux présentent des qualités et des défauts symétriquement opposés à ceux d'un autre jeune russe prometteur, Daniil Tsvetkov - écouté à Cortot il y a deux ans. 
    A noter, une salve de bis (Ligeti/Arensky-Bach-Siloti) très maitrisés et où le degré d'inspiration traçait une courbe aussi irrégulière que pour l'ensemble du récital (mais de forme contraire : un U renversé)...

Théo Bélaud
Contrat Creative Commons
le petit concertorialiste by Théo Bélaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.  

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments