La fièvre bestiale d'un samedi soir - Jurowski & London Philharmonic

∏ ∏ ∏ ∏ ∏


- Paris, Théâtre des Champs-Elysées, le 13 novembre 2010
- Webern, Passacaille, op. 1 - Chostakovitch, Concerto pour violon n°1 en la mineur, op. 99 - Beethoven, Symphonie n°3 en mi bémol majeur, op. 5
- Julia Fischer, violon
- London Philharmonic Orchestra
- Vladimir Jurowski, direction


 La Passacaille de Webern était une surprise, même pas affichée à la hâte à l'entrée du TCE - pour sans doute proposer un concert en triple passacaille. Elle sera annoncée sur scène avant l'entrée de l'orchestre, et avait paraît-il été répétée et ajoutée au raccord. Difficile de dire si Jurowski et le LPO en auraient donné une exécution plus précise avec une vraie répétition, mais les approximations étaient de toute façon très relatives ici. Ce qui les relativise surtout, c'est la tension conductrice proposée d'entrée. Certes, il y a une chose que les cordes d'élite mises en place par Jurowski depuis six ans ne savent pas encore tout à fait faire : sonner avec le raffinement sensuel, la sorte d'ambiguïté classieuse de leurs homogues viennois ou munichois (les deux munichois). Les violons, notamment dans les descentes en trémolos, font un peu trop sentir ici les barres de mesure, mais en même temps... c'est une passacaille. En revanche, quel festival, déjà, d'investissement expressif par la petite et la grande harmonie ! En particulier, quel climat fantastique est construit dans le contrepoint des cors et des bois, tous admirables (17 à 19). Dans ce climax comme partout, les gestes paroxystiques ne sont pas surlignés et l'avancée reste naturelle, malgré la limite déjà évoquée aux cordes. Une belle entrée en matière, annonciatrice de la sauvagerie altière à venir. Soit, personne n'a entendu le 1er de Chosta du siècle (quoique, notez, on a changé de siècle, donc c'est beaucoup plus facile, maintenant), et Julia Fischer ne sera jamais vraiment une interprète incontournable du répertoire russe. Mais primo, elle s'est transcendée ce soir, et dieu sait que je ne dis pas cela sur la base de prestations ratées, ayant entendu au concert bien des choses somptueuses sous son archet. Secundo, le travail d'orchestre montré ici est l'un des plus admirables qu'il m'a jamais été donné d'admirer dans un concerto - dans les concerts parisiens, il n'y a que Jansons et la Radio Bavaroise dans le concerto de Beethoven qui m'aient fait une telle impression. Et je crois que jamais je n'ai entendu à ce point un orchestre occidental sonner à s'y méprendre comme une phalange russe - je veux dire, soviétique. La liste serait trop longue, le sujet principal étant à venir , des éléments admirables de cet accompagnement pour lequel le terme est bien mal à propos - non que Jurowski ne se soit montré remarquablement à l'écoute de Fischer. Je cite tout de même la coda du scherzo, qui donnait quelques frissons tout en révélant la partition comme en pleine lumière.
Quant à Fischer (qui soit dit en passant continue à ridiculiser toutes les jolies femmes de la scène musicale en matière de classe vestimentaire), il lui a fallu le premier mouvement pour se mettre au diapason, disons, spirituel de ses partenaires (tous ces protagonistes avaient ceci dit déjà joué l'œuvre aux derniers Prom's). Violonistiquement, presque sans surprise, ce qu'elle propose dès le nocturne est magnifique, mais la communauté d'esprit avec le clone de Leningrad avec lequel elle voisine ne prend pas de suite, un certain nombre d'intonations superflues, de caractérisations, de structurations ajoutées étant présentes. C'est le petit défaut qui, sans en venir aux violonistes russes, sépare encore dans quelques répertoires Julia Fischer de Kavakos ou Hahn, mais oublions cela pour ce concert, car la suite a démenti, de façon cinglante, les préjugés. Enfin, il faut voir de quels préjugés il est question, car comme après chaque apparition de Fischer, on a pu entendre parler, à regrets, de sa "froideur". Il faudrait déjà savoir ce que cela veut exactement dire, mais surtout expliquer en quoi il faudrait de la... chaleur pour jouer le premier concerto de Chostakovitch. J'ai pour ma part regretté que Fischer ne prenne pas au mot le pape - et quasi co-auteur - de ce concerto : Oistrakh y parlait bien, me semble-t-il, de disparition de sentiment. Et il y avait quelques grammes de sentiment superflus ici. Mais pas par la suite, et surtout pas dans la passacaille ni la cadence, où Fischer approchait infiniment plus la tension architecturale nécessaire que Vadim Repin le mois dernier - tout en étant bien plus irréprochable techniquement, à vrai dire quasi immaculée.


Attaquons-nous au choc. J'ai envie de commencer par la fin. D'abord, la réaction du public : pas d'ovation comme après la Pathétique de Jurowski il y a deux ans. Des applaudissements presque timides, et quelques auditeurs hurlant leurs bravos à répétition : pas courant ! Deux explications possibles, à combiner sans doute : une part non négligeable de l'auditoire a certainement rejeté en bloc ce qu'il a entendu. Mais il y a eu aussi, sans doute, beaucoup de personnes à qui il a fallu plus que quelques minutes pour se remettre de cette grande claque. C'était mon cas, celui des amis avec qui j'ai discuté sur le trottoir. Parmi lesquels Carlos Tinoco, qui a dégainé un jour avant moi : intéressant de constater que nous usions, à chaud, spontanément des mêmes mots. Tétanisé au sortir du théâtre. Machine de guerre pour évoquer le LPO. Sexuel pour décrire une certaine dimension d'extase et de violence mêlées du corps-à-corps imposé par Jurowski avec le discours beethovénien (et finalement, Carlos a résumé peut-être l'essentiel en parlant de la respiration comme "partant du bas-ventre" et de cette Héroïque comme d'une "gigantesque érection").
Je veux ensuite régler la question qui a manifestement oblitéré pour une large part la réception "officielle" de cette sensationnelle interprétation : l'emploi de la révision de Mahler. Ce choix était annoncé avant le concert (notamment par un compte-rendu du passage bruxellois de la tournée), et constituait pour beaucoup, y compris pour moi, une attraction du concert. L'ennui, c'est qu'il l'est resté après le concert, ce qui est à mon sens absurde. Surtout quand on regarde les éléments supposés représentatifs qui ont motivé ce blocage sur le petit bout de la lorgnette d'écoute. Par exemple, chez Simon Corley et d'autres, l'ajout du si bémol à l'octave supérieur complétant l'ultime retour du thème aux trompettes dans la coda, et l'exécution "intégrale", toutes voiles dehors, de ce retour (fa, lab-fa... y compris) ? Mais enfin ?!? Soit, on n'a plus l'habitude... au concert, la culture, à bien des égards louable, de l'urtext ayant à la suite des baroqueux porté la quasi-totalité des chefs à arrêter ce retour au sib inférieur, ensuite répété (comme ci-dessous). De quoi avoir ses vapeurs à cause d'un supposé barnum mahlerien ? Mais Mengelberg, Furtwängler, Reiner, Klemperer, Fricsay, Bernstein, Karajan, Barenboim font exactement la même chose, contre la partition certes, mais pas avec la partition de Mahler. C'est un geste de chef, voilà tout, et rien ne dit que Jurowski ne l'aurait pas mis en œuvre avec (malgré) une édition ordinaire. Il y a eu Pierre-Jean Tribot se plaignant à demi-mot que cela faisait trop de bruit. A ce sujet précis, j'aimerais bien connaître l'opinion de Beethoven, déjà que Mozart demandait comme effectif pour ses symphonies "le plus possible" ! Il y a eu un ineffable compte-rendu de Jean-Charles Hoffelé, qui vaut le détour dans son genre qui évite soigneusement de parler de musique (mais qui nous apprend que le sens de la musique de Chostakovitch, c'est l'anti-totalitarisme) et se contente de dire que Jurowski montrait une absence de conception chronique. En la matière, Hoffelé est un expert : il trouve par exemple que Alan Gilbert est un chef formidable. C'est donc aussi crédible (et finement argumenté) qu'un Alan Minc qui s'émouvrait d'un plan social. En fait, c'est même très rassurant.

Alors certes, au moins deux éléments, clairement sortis de l'imagination un peu trop débordante de Mahler, peuvent interroger et gêner la perception globale du flux discursif. Dans le premier mouvement, m. 83/486, le quatrième thème exposé aux bois est totalement détaché les deux fois de la gamme qui précède (luftpause ici ?), le premier temps de la mesure étant transformé en mesure entière, et le motif en lui-même étant exagérément découpé par groupes de trois. Et il y a eu le très curieux incipit du thème du finale, les deux premiers pizz étant joués forte et les deux suivants pianissimo (comme un écho, mib !sib !... sib, mib), et l'ensemble de cet exposé oscillant délibérément comme entre deux battues. On parle ici en tout et pour tout d'une dizaine de mesures sur mille-sept-cent. Pas grand monde n'a parlé de ces mille-sept-cent. Je n'ai pas grand'chose à ajouter, au fond, au papier de Carlos Tinoco. La pulsation est bien un des aspects fondamentaux qui caractérisent le travail de Jurowski : une pulsation dont la puissance à long terme est phénoménale, en ce qu'elle n'a rien de raide et est pourtant généralement métronomique. Ce n'est pas une pulsation furtwanglerienne, qui enjambe les barres de mesure, mais c'est une façon de lier les mesures par groupes de plusieurs pages qui force la soumission de l'auditeur à la forme d'une façon écrasante, irrespirable - dans des tempos ne cédant, dans aucun mouvement, à la tentation d'un extrême ou d'un autre. De ce point de vue, même si le finale était encore plus impressionnant, le premier mouvement est spécialement fascinant, par la gestion d'une tension qui semble grandir non pas pour marquer une structure déjà existante, pas pour théâtraliser les retour de thèmes, mais pour exhiber la dimension monstrueuse des développements : lesquels sont davantage que des fils tendus d'un rappel à l'autre, bien plutôt une nouvelle montagne franchie à chaque fois. Franchissement qui fait que, par exemple quand le premier thème revient en trémolos à la 300e mesure, l'impression est donnée d'avancer en ressentant, profondément, l'immensité déjà parcourue. C'est une chose très rare, qui n'arrive que dans les très grands concerts.

Et puis, il y a cette fameuse machine de guerre qu'est devenu le London Philharmonic, sans équivalent en Europe en ce sens que son excellence est construite pour l'essentiel, voire en totalité contre-nature. On pourrait la résumer aux coups d'archets, incroyablement unis, et qui visuellement ressemblent aux meilleurs orchestre russes en ce sens que l'on ne voit nullement l'effort consenti pour un tutti fortissimo : le geste, totalement intégré par l'ensemble du quintette, est le même que pour les nuances intimes, pour la raison suivante : à peu près chaque tiré part du talon et parcours le plus d'archet possible le plus vite possible, et seule la pression change. C'est une différence absolument majeure avec le type d'intensité, de qualité, que l'on retrouve dans les plus grands orchestres du continent. Cela ne veut pas dire que c'est mieux, mais c'est assurément très spécial : d'autant que le LPO ne cesse de progresser dans cette voie, et semble maintenant si familiarisé avec ce jeu qu'une dimension de décontraction, de marge expressive continuelle, caractéristique des phalanges d'élite, paraît s'être ajoutée. L'excellence des cuivres britanniques n'a plus à être démontrée, comme celle du timbalier Simon Carrington (déjà extraordinaire dans tous les Tchaikovsky de Jurowski). Quant aux bois, ils jouent, précisément, comme Jurowski le leur demande dans Tchaikovsky, avec toute l'intensité humainement possible, ce qui est exactement ce qui convient aussi pour Beethoven - cette sauvagerie, cette bestialité si juste dans les reprises aux flûtes du premier thème !
Une fois encore, pourquoi s'arrêter aux spécificités de l'orchestration malherienne : il n'y a pas besoin de la partition de Mahler pour mettre les bois par quatre. Pour ajouter une clarinette en mi bémol, si, mais combien de fois l'a-t-on remarquée ? C'est une question de conception, et j'ai envie d'écrire compréhension de Beethoven. Les bois doivent jouer fort, transpercer, s'il le faut faire mal, voilà tout. Quelle dimension, encore plus cosmique, peut prendre alors la fugue de la marche ! Et quelle clarté d'articulation se dégage tout au long de la coda du finale, là où l'on n'entend généralement que brouhaha harmonique en-dehors des cordes et trompettes. Et enfin, il y a la disposition "signature" de Jurowski (que je n'ai vue qu'avec Fedosseyev et... Gardiner) : violons en vis-à-vis, et contrebasses alignées tout au fond. Sachez-le, au passage : la conséquence en est (j'avais expérimenté les deux possibilités au TCE avant) qu'il faut toujours essayer de se centrer pour écouter le LPO de Jurowski, quitte à être plus loin que d'habitude (je me suis replacé pour la symphonie au dernier rang de l'orchestre, ce qui au TCE est un pur bonheur si l'orchestre est bon - ça ne marche que pour l'orchestre, notez bien. D'abord parce que le quatuor n'est parfaitement cohérent qu'ainsi, ensuite parce qu'un peu de distance, si elle est frontale, profite à l'impact, fabuleux dans la marche, des contrebasses - rappelez-vous vos premiers cours de physique... Ce n'est pas que de l'esthétisme sonore : un seul exemple, combien de fois a-t-on déjà entendu nettement les basses reprendre l'ostinato croches-doubles au sommet de la coda du I ? Imaginez là qu'on l'a pris en pleine figure alors même que les trompettes hurlaient le thème par-dessus (premier extrait montré, encore).
Il est fascinant de constater in fine que Jurowski offre une synthèse qui n'en est pas une de plus dans l'interprétation de Beethoven : la synthèse de l'ivresse de puissance des premières grandes visions romantiques connues, de la discipline élevée au rang de hauteur de vue dans un mode soviétique, et... des baroqueux, ou faudrait-il dire des post-baroqueux comme Paavo Järvi. Tous ceux qui ont assisté à son remarquable cycle en mars 2009 se souviennent de la mémorable bacchanale centrale du finale, où l'on redécouvrait incrédule l'irrésistible inversion du thème criée par les clarinettes et bassons. On l'a eue à nouveau ici, malgré un effectif de cordes proche du triple, et en plus sauvagement catharsique encore (ci-dessus). Et ce n'est pour cette dimension totalisatrice, de somme interprétative résumée en une heure que je vais crier au "génie", au démiurge ou à la version définitive. Mais c'est pour cela et tout ce qui précède que j'affirme que Jurowski et son orchestre ont offert une de ces expériences de vie musicale qui redonnent la foi, l'appétit, l'envie d'abuser, d'être emmené au-delà des limites ordinaires de la pensée comme de l'émotion, de trouver l'humanité qu'il y a par-delà de l'humanité. C'est à cela que doit faire aspirer Beethoven, entre quelques autres. Wittgenstein évoquait Beethoven (le fugato du premier mouvement de la 9e, je crois) quand il écrivait : il y a dans tout grand art un animal sauvage, dompté. Cette Héroïque a retrouvé cette exacte tension-là, celle qu'elle mérite. D'autres peuvent parler d'anecdotes sur le biotope ou la couleur des poils ; moi je garde l'animal. Qu'est-ce qu'on a mangé comme viande après, d'ailleurs, avec ce Minervois lourd et fruité !

Théo Bélaud
Contrat Creative Commons
le petit concertorialiste by Théo Bélaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments