Lachenmann/Bruckner, "easy/uneasy"

 V
- Paris, Salle Pleyel, le 12 novembre 2010
- Lachenmann, Nun, musique pour flûte, trombone, orchestre et voix d'hommes - Bruckner, Symphonie n°3 enmineur (version de 1889)
- Dagmar Becker, flûte
- Frédéric Belli, trombone
- Schola Heidelberg 
- SWR Sinfonieorchester Baden-Baden & Freiburg
- Sylvain Cambreling, direction
H. Lachenmann. Photo Jean Radel


    Dans l'esprit des responsables du Festival d'Automne à Paris, grands adorateurs d'Helmut Lachenmann, je présume que cette soirée devait constituer le point culminant de l'édition 2010 - de toute façon, il ne doit pas y avoir grand monde pour se faire une idée d'un point culminant alternatif, car cela supposerait d'avoir une vision synoptique de la programmation du dit Festival : je reconnais que cette année un dépliant très pédagogique a été conçu, tellement pédagogique que, à défaut de repérer des concerts, on se surprend à s'en servir comme quizz pour passer le temps (style : "connaissez-vous vraiment le Paris culturel, même underground ?"). Fin des divagations. Bon, je dois dire que, du point de vue d'un type moyennement progressiste et très anti-culturel (moi, par exemple), il n'y avait pas de portée comparable entre ce concert et la soirée Kurtág à Garnier. Sur le plan de la découverte, d'abord, il y avait certes la première audition à Paris de Nun, dérivé de l'opéra La Petite Fille aux Allumettes. Personnellement, j'aimerais bien voir un jour Lachenmann jouer du piano. Cet homme est peut-être un peu fou, mais pour cette raison sans doute, il m'avait semblé que son jeu (dans ses propres œuvres) était plus intéressant que ceux de la majorité de ses compatriotes. Il y aura du Lachenmann pianistique aux Bouffes du Nord dans deux semaines, ceci étant, mais pas par lui-même. Pour le concert de Pleyel, l'orchestre devait être à l'honneur, et la mise en regard avec Bruckner, je suppose, était censée souligner la filiation germano-métaphysicienne revendiquée par le compositeur. Filiation du reste étrange : Bruckner métaphysique ? C'est une idée curieuse à mon sens. Mystique dans la dimension naïve, oui : les prétentions métaphysiques procédant si souvent d'une volonté de mysticisme déniaisé, le décorum philosophique de Nun comme d'autres œuvres de Lachenmann semble plutôt contredire cette relation : mais qu'importe.
    Enfin, oui et non. Parce qu'il est envahissant, le décorum ! On peut certes faire l'effort d'ignorer la note d'intention à fort potentiel comique (que Martin Kalteneker a osé traduire en l'état, l'état ressemblant à s'y méprendre à celui de ces dissertations de terminale qu'à une époque je corrigeais, où pour passer d'un concept à un autre une flèche fait l'affaire et où le lien entre deux idées est constitué d'un alinéa introduit par "parce que" suivi d'un verbe à l'infinitif, bon, bref). Mais il est plus difficile d'ignorer son intrusion dans l'écriture même de Nun, où les questions très profondes du style "Was ?" "Wie ?", etc. sont ponctuellement énoncées par les voix solistes, pour que finalement il y soit textuellement (et choralement) répondu par une citation (le programme présente cela comme une thèse, mais enfin restons raisonnable) du philosophe japonais Nishida Kitaro - fondateur de l'école de Kyôto, dont la pensée du néant ne pouvait qu'intéresser un penseur de la non-musique, je le concède bien volontiers - : le moi n'est pas une chose, mais un lieu. Une forte pensée qu'elle est très originale et qu'il y avait un besoin absolument indispensable d'aller la chercher au Japon impérial, et un besoin encore plus criant d'en faire un enjeu philosophique essentiel en 2010 - parce que, c'est bien connu, pour paraphraser un philosophe sérieux, la philosophie n'aurait au fond pas avancé d'un pouce depuis Platon, ce qui montre que Platon devait être sacrément intelligent. Concédons aussi qu'il s'agit là de viser à l'universalité philosophique, et que, comme chacun sait, l'universalité dans la pensée se définit par la synthèse de la raison occidentale et de la spiritualité orientale - ça aussi, ça va chercher loin, coco. Au moins y a-t-il quelque chose à apprendre dans l'histoire : en philosophie comme en piano, on peut très bien se passer des apports allemands et nippons : c'est même étonnant comme, dans les deux cas, ils ont l'air d'entretenir mutuellement leurs vanités. Voici pour la critique philosophique (je suppose que c'était un exercice obligé ici), dont on me pardonnera le niveau un peu fruste, mais en même temps, je me suis adapté au matériau disponible. 

Cambreling et Lachenmann le 12 novembre Photo Opera Cake
    Pour ce qui est de la musique, c'est à la fois simple et compliqué. Rien n'est fondamentalement surprenant dans ce continuum de frottement harmoniques tenus aux cordes, traits fantomatiques des vents dont on peine à distinguer la singularité du trombone et de la flûte solistes, décorations percussives plus ou moins exotiques (les trois petits gongs sont assez distrayants), et surtout utilisation de huit voix d'hommes solistes disposées aux emplacements des quatre premiers pupitres de cordes, qui isolement chantent trois ou quatre notes de temps à autre mais passent l'essentiel de leur temps à chuchoter, siffler, et même se tapoter les joues - je ne voudrais pas me faire passer pour un génie de l'herméneutique, mais je suis prêt à parier que c'est le processus commençant par éprouver la résistance des joues qui conduit naturellement à réaliser que le moi n'est pas une chose mais un lieu - vu que la petite rougeur qui s'ensuit sous la pommette dénote puissamment que mon corps se trouve en ce lieu-même et qu'ainsi l'harmonie spirituelle est réalisée - c'est fou comme c'est plaisant à écrire, ça, et moins fatigant que d'écrire une harmonie, disons, plus matérielle, avec sept ou douze sons, par exemple. Décidément, difficile de rester sur la musique. Il faut dire, la musique a démarré à dix minutes de la fin. Je vous assure : surpris par cette ébauche soudaine de développement motivique à la flûte solo, que le trombone allait bientôt rejoindre, j'ai regardé l'heure : 20h42 ! Considérant qu'on avait dû démarrer vers 20h12, et que les applaudissements furent lancés à 20h52, je suppose que j'ai donc situé le commencement musical de la chose rigoureusement au même endroit qu'un ami qui m'a parlé spontanément d'une demi-heure de rien et de dix dernières minutes "où il commençait à y avoir un discours". Ce qui est très rassurant quant à l'universalité de l'esprit humain, notez bien.
    Plus sérieusement, ce qu'on a entendu là est certes toujours moins ridicule, tant dans la réalisation compositionnelle que vis-à-vis de certaines données extra-musicales, que certaines pages qui y ressemblent et sont composées avec le plus grand sérieux par des musiciens de moins de quarante, voire de moins de trente ans (encore l'autre jour, l'invraisemblable Dithyrambes de Joneleit). Lachenmann, qui est venu saluer ses (passablement nombreux, il faut le reconnaître) admirateurs, fait plutôt une impression sympathique : et après tout, il a été plus ou moins le premier à faire chacune des expériences qu'il a faites, au sein d'une génération où seule comptait, finalement, le degré de nouveauté et d'expérimentation. On ne peut pas vraiment lui reprocher de ne pouvoir en sortir - quoique, une fois encore, quand on écoute sa Wiegenmusik ou ses Kinderspiel pour piano, on se dit qu'il pourrait proposer aujourd'hui de la très bonne musique. Mais Nun est un exact semblable de Kontrakadenz ou de Concertini - et encore, je dirais en moins raffiné et en plus décoratif. Une musique qui, à force de s'auto-interroger sur son refus de la musique comme idiome discursif, vire involontairement à une sorte de proto-musique qui se pose là, comme décor, mais qu'on entend au lieu d'écouter - en ce sens qu'elle semble avoir à être entendue plutôt qu'écoutée, Lachenmann lui-même indiquant qu'elle serait à... "endurer". Soit, sauf que, à mon avis, la meilleure définition de cela s'appelle... l'easy-listening, ce qui est d'ailleurs une forme polie pour dire "musique d'ambiance". C'est peut-être très snob de dire cela, mais je suis désolé, je n'ai rien enduré du tout, et j'ai pourtant écouté tout le temps, sans même trouver cela désagréable : cela ne demande aucun effort, et comme pour toutes les musiques ne demandant aucun effort d'écoute, la gratification est nulle. 

    Du point de vue de l'exécution, rien n'a semblé mettre en difficulté Sylvain Cambreling, grand défenseur de la musique de Lachenmann depuis longtemps et très impliqué dans la conduite de cette partition, ni l'orchestre de la SWR, tranchant, discipliné. Ne subsistera que la qualité de l'orchestre pour Bruckner - orchestre qui semble goûter l'exercice brucknerien sous des baguettes dépaysantes, ou dépaysées, puisqu'il avait joué la Symphonie n°6 avec... Norrington il y a trois ans (c'était loin d'être ridicule, d'ailleurs !). Si l'on devait faire très vite, on pourrait dire que cette exécution était la troisième moins convaincante des quatre récemment données à Paris (après Masur/National et Janowski/Orchestre de Paris, mais tout de même avant le soporifique Chailly/Gewandhaus) : comparaison possible car ces quatre-là ont opté, sans doute au désespoir compréhensible de nombreux brucknérophiles, pour la version abrégée de 1889 et son finale amputé de 150 mesures par rapport à celle, bien plus riche et pourtant cohérente, de 1877. Cambreling paraît globalement en-deçà tant du potentiel de la SWR que de la hauteur de vue de la partition : on peut lui reconnaître le mérite certain de ne pas "faire le brucknerien" en caricaturant un idiome solennel et empesé. L'effectif de cordes s'interdit la surcharge (14-12-10-8-6, je crois), et le geste est en général simple et sans théâtralisation mystique. Le tempo du Mehr langsam, mistorioso est presque exagérément rapide, la marge pour le rubato s'en trouvant assez réduite, ce qui n'est pas très grave, puisque tout va bien durant les premières pages : les violons font montre de cohésion, ce qui sera le cas durant à peu près toute la symphonie, les solos de trompette et de cors sont propres, les interventions des bois unies et intelligibles, quoique tout cela manque de personnalité sonore. 
    Le problème est que Cambreling, s'il propose une mise en place soignée, ne fait pas grand chose pour assurer la continuité et ne met aucune tension dans les transitions. Quand je dis qu'il ne fait pas grand chose, c'est au sens strict : son attention et ses gestes ne paraissent préoccupés qu'à vue de quelques mesures, certes sans que cela ne tourne au décorticage phrase après phrase alla Rattle. Mais ce n'est tout de même guère enthousiasmant. De plus, il manque une dimension d'étagement dans la relation entre les climax du I, ce qui fait un peu trainer le mouvement en longueur, en donnant une impression trompeuse de répétition. Ce qui n'est pas imputable à Cambreling, en revanche, est le déficit de puissance et surtout d'expressivité des altos et surtout des violoncelles, assez atones dans tout le passage  de D à E notamment. Ces pupitres se reprendront partiellement dans un mouvement lent lui aussi très bien équilibré polyphoniquement, mais où l'on n'entend pas une voix parler d'un bout à l'autre : c'est assez beau et inoffensif, et passablement dépourvu de logique, à l'image en quelque sorte de... la première partie du concert. Les deux derniers mouvements seront un peu plus satisfaisants. La caractérisation du trio du scherzo, malgré le peu de personnalité intrinsèque des altos, est assez réussie, et les relations métronomiques dans le mouvement semblent enfin prendre un sens intelligible. Curieusement, le finale m'a paru être le mouvement le plus conduit, en dépit du choix de sa version bancale. La qualité constante des violons, qui sont unis sans jamais forcer leur sonorité, y est pour beaucoup, outre le fait que le second thème est bien traité : le son en lui-même a sa place dans la continuité perçue. Cambreling du reste a le mérite de ne jamais sur-solliciter les cuivres, permettant de goûter la dimension arachnéenne, mendelssohnienne de l'écriture. Malheureusement, la tension chutera aux deux occurrences du troisième thème, où à nouveau les cordes graves se montrent insuffisantes pour soutenir le contrepoint primitif qui donne à ces passages leur excitation. Bruckner aura paru à la fois facile et difficile durant cette 3e, et c'est dans l'un des passages les plus simplement, naïvement écrits que sa difficulté a semblé la plus frappante.
    Un Bruckner finalement assez sage, certes démysticisé mais aussi dépassionné à l'image d'une soirée où l'on n'a pas franchement ressenti la musique comme vivante, la majorité du public intéressé étant conquise d'avance par Lachenmann, et pas forcément très intéressée par Bruckner...

Théo Bélaud
Contrat Creative Commons
le petit concertorialiste by Théo Bélaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments