Le combat de l'harmonie et de l'invention ?

∏ / ∏ ∏
- Paris, Théâtre des Champs-Elysées, le 24 janvier 2011 
- Chopin, Ballade n°1 en sol mineur, op. 23 ; Ballade n°2 en fa majeur, op. 38 ; Ballade n°3 en la bémol majeur, op. 47 ; Ballade n°4 en fa mineur, op. 52 - Liszt, extrait de la Deuxième Année de Pélerinage (VII), Après une lecture du Dante, Sonata quasi une fantasia - Schumann, Etudes Symphoniques, op. 13
- Lise de la Salle, piano 


    Pour son premier récital aux Champs-Elysées, notre Lise nationale, qui n'est sans doute pas encore près d'être prophète en son pays, a réussi à donner un récital plus hors-cadres et hors-normes encore que prévu, y compris dans la volatilité du niveau de celui-ci - la volatilité n'ayant heureusement pas conduit au krach, ici. On ne peut pas vraiment parler de surprise, quant à l'ensemble : en l'espèce, l'inégalité de réussite des deux parties du concert était, à mon sens, plus que prévisible. Ce qui l'était moins, c'est ce passage par à peu près tous les états de la réussite et de l'échec, au sein même des parties et parfois au sein même des œuvres. En six concerts de Lise je n'avais encore jamais fait cette expérience de fluctuations extrêmes, qui aura eu un mérite certain, celui de prouver une bonne fois pour toute contre l'avis de quantité de médecins étourdis que je ne suis pas cardiaque. Et pourtant, contre mon attente, contre la pression de ces débuts élyséens, tout avait commencé de la meilleure des façons, par la meilleure 1ère Ballade que j'ai entendue par Lise, concerts (deux fois), disque et radios compris. Deux observations communes aux quatre ballades s'impose d'ailleurs : elles ont je pense toutes été jouées plus vite qu'au Châtelet il y a un an, et en tout cas plus vite qu'au disque - cette impression étant un peu moins nette pour la 2e. Et elles ont toutes été prises avec beaucoup plus de risque aussi, à un degré volontiers excessifs, façon comme une autre de prendre la mesure de l'enjeu.
    Ce qui est propre à la 1ère, c'est le gain en fluidité discursive à l'échelle de l'ensemble de l'œuvre. Page par page, il y aura eu des accrocs plus inhabituels dans les déplacements, produisant des suppléments d'arêtes parfois gênantes dans la coda, mais rien de rédhibitoire. En revanche, à peu près tout ce qui précède est séduisant dans la refonte des proportions et des relations métronomiques, en particulier le développement menant au thème majeur et l'énoncé du thème majeur lui-même : à ce moment on se dit qu'elle a enfin trouvé cette immédiateté de ton des grands chopiniens qui la fuyait jusque là. Elle jouait déjà plutôt bien cette ballade avant, et cette fois le résultat est presque pleinement conforme à ce qu'on attendrait d'une LDLS idéale dans Chopin.
    Mais l'espoir ne tient pas longtemps, et ses ballades centrales, qui ne m'ont jamais convaincu, ne suivent pas cette pente d'heureuse simplification. C'est plutôt même le contraire, l'énoncé initial de la ballade en fa majeur paraissant encore plus compliqué qu'avant : tout se résume au fond à cette problématique de complication avec le Chopin de Lise, car le piano n'est pas le problème - il devrait être la solution, d'ailleurs. On le pressens tout à fait dans le goût qu'elle montre toujours à faire sonner avec le plus de richesse possible les sections presto, notamment la fin de la seconde et sa progression vers les doubles trilles ; en revanche, les deux dernières pages, qui sont sans doute une des choses les plus épouvantables composées par Chopin, fuient vraiment trop en avant et passent elles aussi à côté de la dimension de grâce et de facilité qui est la seule à y permettre la profondeur. Je ne peux pas en faire un reproche, n'étant même pas sûr qu'il y ait plus de trois pianistes au monde capables d'y parvenir.
    En revanche, j'ai vraiment été déçu par la 3e Ballade, car celle-ci, la moins réussie au disque et au Châtelet déjà, m'avait paru bien meilleure quand elle l'avait redonnée (avec la 1ère) à Epernay en avril dernier. Mais Lise retombe ici dans ses pires travers chopiniens : complexifications vaine de la ligne, dans les deux premières pages, puis relances permanentes du discours, à coup de renforcements dynamiques pénibles, à partir de l'irruption du second thème, et le deuxième énoncé de celui-ci caricature de surcroît le premier, d'ailleurs au mépris absolu de l'alignement de decrescendos. Je ne suis d'ordinaire que très peu regardants sur les indications dynamiques de Chopin, surtout quand il s'agit de toutes les revoir à la baisse : mais ici le problème est inverse, et surtout ces decrescendos-là disent très bien ce qu'ils veulent dire, à savoir que chaque groupe de croches est un sous-entendu et non une affirmation, et que les indications dynamiques sont ici des signaux de respiration et non d'intensité. Quant à la coda, elle souffre à nouveau de cette crispation de jeu - donc de cette perte de domination harmonique - dont Lise est pourtant peu coutumière.
    La 4e est infiniment meilleure mais ne m'a pas convaincu autant qu'au Châtelet, faute de conserver de bout en bout sa minéralité et son austérité - c'est la seule ballade où la lenteur qu'elle adopte en général me paraît être une solution de repli convaincante, et elle l'a un peu abandonnée cette fois-ci. C'est dommage, car ici Lise a, dans la conception, trouvé une parade viable au manque d'immédiateté, de classicisme au fond, de son jeu chopinien. Les qualité pianistiques qui le permettent sans heureusement toujours présentes : grande beauté de timbre sur les notes portées (son haut-médium est toujours aussi riche et sensuel), souplesse d'articulation de la main gauche, noblesse expressive et maîtrise des gammes lançant la dernière section, bref un peu tout ce qui persiste inexplicablement à manquer à sa 3e. C'est je crois à partir de la transition des m. 80-99 que le tempo a commencé à s'assouplir, comme il aurait été plus souhaitable qu'il le soit dans les deux ballades précédentes : la tension se perd alors un peu, sans que ce ne soit dramatique, mais non sans frustrer. La coda manque  autant de distinction que les précédentes, hélas (la dernière page de la 1ère Ballade mise à part ).
    La séquence chopinienne de LDLS va-t-elle se poursuivre et, on peut encore l'espérer, se bonifier, ou va-t-elle se clore cette saison ? Je ne le sais pas, mais j'incline à penser que ce ne sont pas ces ballades qui vont contribuer à épanouir et révéler le talent de Lise. Un raccourci facile consiste à mettre cela sur le bon dos du manque de maturité. Ce n'est pas faux, si l'on ajoute que ce n'est pas proportionnel à la portée symbolique ou la charge de sens des œuvres. Avec ces ballades, je ne pense pas que Lise ait visé trop haut, mais je pense qu'elle a mal visé. Son don le plus formidable est celui du discours, de la construction, et elle manie ici une matière qui refuse d'être empilée pas à pas, qui n'accepte que la diachronie immédiate. D'autres sommets au moins aussi intimidants me paraissent plus désirables pour et par elle : que ce soit dans Mozart, qu'elle joue magnifiquement, que ce soit les grandes sonates de Beethoven, celles de Brahms, ou alors Bach, bref : là où la force de sa tête n'aura pas à se battre contre une musique décidément intolérante à la conquête, qui refuse invariablement d'être rebâtie, réinventée, qui ne désire que d'apparaître comme pur mouvement harmonique.

    J'attendais plus de son Liszt, parce qu'elle a toujours très bien joué Liszt, et que les grandes formes lui réussissent en général, et n'ai presque pas été déçu. La marge existe, certes, mais au moins la Dante permet-elle (ce n'est pas une découverte) un arbitrage entre grâce classiciste et démiurgisme romantique. Inutile de préciser de quel côté penche la balance, mais ce qui est intéressant est qu'ici la prise de risques phénoménales assumée par Lise paye beaucoup plus que dans à peu près toutes les ballades réunies. Bien sûr, c'est parfois trop, trop vite, trop fort, mais cette fois, ce n'est pas très grave, car le surinvestissement fait enfin corps avec la forme, et d'assez belle manière. Il s'agit d'une Dante plutôt rapide mais assez bien équilibrée en générale, et si cela tient debout, c'est essentiellement grâce à une force de caractérisation toujours à la limite du "truc", du à la manière de (Horowitz, souvent), mais qui passe et peut même toucher, car la sincérité y est palpable. Les deux premiers arpèges de la bémol et de si mineur sont d'une saisissante mais noble emphase, toutes les descentes d'octaves brisées à la fin du premier exposé d'un satanisme réjouissant. La joie à faire sonner le piano des façons les plus extrêmes fait plaisir à voir et entendre, même s'il est permis de se demander si tout cela aussi ne gagnera pas à être rendu à l'identique mais avec une distance, une forme de malignité plus aboutie : par exemple dans la section de trémolos (m. 189-198), pour mettre une urgence de second degré dans la main gauche, du sarcasme, et éviter ensuite de se ruer vers la réexposition. De manière générale, si le maniement instrumental séduit par une ardeur justifiée par les moyens, l'oreille pourrait faire plus ici : inventivité, interventionnisme et harmonie pure ont ici la possibilité de cohabiter. Mais étant donné la manière dont son merveilleux Saint François a évolué, ou plus récemment dont elle a joué les études de concert, il y a beaucoup d'optimisme à former de cette exécution.
    Ses Etudes Symphoniques, je l'ai dit plusieurs fois ici, sont un des vrais chocs pianistiques que j'ai eu dans ma vie de concerts, pas parce que je découvrais ce que la pianiste était capable de faire, mais parce que j'entendais enfin cette œuvre chère comme peu d'autres telle que j'avais envie de l'entendre, et même presque mieux que je rêvais de l'entendre, du fait de l'aboutissement peut-être bien inouï de ce que LDLS fait des cinq variations posthumes. Par rapport aux moutures que j'ai écoutées (le récital d'Epernay et une bande de concert de Copenhague également admirable), celle-ci ne dépareille pas mais présente quelques faiblesses pour l'essentiel réparties sur les extrémités du cycle. Le thème est un peu plus survolé, et donc trop proche de ce que l'on a malheureusement l'habitude d'y entendre ; l'étude XI a le souffle légèrement court, notamment parce que la voix intermédiaire ne chante  pas avec autant  d'intensité qu'elle pourrait le faire, et le finale a lui le souffle vraiment coupé et n'avance hélas qu'à l'énergie, alors que Lise y est tout à fait capable d'y déployer le chant d'amour qui manque chez presque tous les autres. Conséquence d'un programme d'une densité physique exagérée, et LDLS n'a toujours pas acquis le métier nécessaire pour ajuster la forme de son engagement à l'étiolement de sa lucidité. S'ajoutent à cela une fragilité épisodique de la conduite harmonique dans l'étude IX, et quelques perte de contrôle du timbre, comme dans la deuxième section de l'étude VII. Ultime réserve, l'étude IV, batailleuse à l'excès et qui manque du pas implacable nécessaire.
    Le reste est à peu près conforme aux attentes (énormes) que j'avais fondées, et montre presque le meilleure visage de Lise, celui où sa tête et la spontanéité de son oreille tirent dans le même sens et extraient le tout meilleur de ses facultés pianistiques. Il y a toujours ces détails dont le relief les fait entendre comme capitaux, comme cet admirable traitement des triolets doubles de main gauche dans la première étude, triolets généralement tout bonnement inaudibles. C'est un détail représentatif de l'imaginaire formidable qui se déploie dans ces Etudes, à la fois loin et proche de la litanie des représentations triviales d'un Schumann fantasque, amoureux, imprévisible, à fleur de peau, instable, bla, bla, bla, bla : ce qui en est gardé ici est l'essentiel, c'est-à-dire la dimension fantastique, effrayante, surnaturelle. Le déséquilibre est celui des confrontation extrêmes des états, pas celui des caractérisations internes, la stricte rectitude étant, réserves ci-dessus mis à part, la principale qui fait tenir l'édifice - a priori incohérent dès que l'on appose les posthumes.
    Les plus grandes réussites, de ce point de vue, sont les mêmes qu'aux deux concerts que j'avais déjà entendus : l'étude V, parfaitement équilibrée sur la durée, et qui évite la fâcheuse répétition de l'accord de main gauche sur le premier temps de la reprise (c'est plus qu'une anecdote, car cette faute de texte grossière est, inexplicablement, très répandue) ; l'étude II, formidablement poignante, à peu près autant que peu l'être d'une des plus poignantes pages composées par Schumann - et cette irrésistible décomposition en arpège de la dernière appogiature de main gauche !. Et le clou du spectacle (trop) attendu en ce qui me concerne, l'enchâssement de l'étude X à la cinquième posthume, avec cette extraordinaire juxtaposition (ci-illustrée) en fondu-enchaîné de l'accord de mi majeur au bémol majeur (suggéré par Schumann dans le principal autographe). Mais le moment le plus fort de cette mouture (donc du concert), pour moi, aura été la seconde posthume (jouée comme les autres hormis la cinquième entre deux études, donc entre les III et IV) : là, vraiment, durant deux minutes, entendait-on la meilleure Lise possible, celle qui tire des larmes, parce que son sens de la conduite est ce qu'il est, et parce qu'ici son piano approche celui des plus grands.

    Ses bis auront été plus réussis et originaux que d'habitude. Je suis fondamentalement rétif à l'écoute de la transcription de la mort d'Isolde, qui est la seule de Liszt que je n'aime pas, et que je pense à peu près injouable sauf à enlever toutes les dynamiques, éventuellement. Naturellement, cela n'a pas été le cas ici, et pour une exécution théâtrale et narrative en diable, on peut certes difficilement faire mieux. Le nocturne posthume en ut dièse mineur de Chopin semble mieux convenir à Lise que le mi mineur, et semble l'accompagner vers le Chopin simple qui lui résiste : tant mieux, et en plus, elle joue la fascinante version primitive (à peu près jamais donnée) de ce nocturne, avec sa section centrale toute en croche et la superposition de 3/4 et 4/4 qui avait à bon droit effrayé le brave éditeur de l'époque. Et enfin, une Danse de Puck ! Je n'imaginais pas du tout Lise jouer Debussy, mais ma foi, pour une première, c'est plus qu'encourageant.
Théo Bélaud
Contrat Creative Commons
 

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments