Le Sibelius perfectible mais courageux de Robertson

∏ ∏

- Londres, Barbican Hall, le vendredi 11 février 2011

- Sibelius, Tapiola, op. 112 - Glanert, Music for Violin and Orchestra - Sibelius, Symphonie n°5 en mi bémol majeur, op. 82

- Stephen Bryant, violon
- BBC Symphony Orchestra
- David Robertson, direction
  
     Dans nos contrées, David Robertson est surtout connu pour sa contribution au paysage contemporain, du fait de ses sept saisons passées à la tête de l'Intercontemporain. Entre les mandats d'Eötvös et Nott, le chef américain s'était distingué alors par une ouverture aux créations et au répertoire exclus de l'orthodoxie des gardiens du temple boulezien. Il n'est pas certain que les mélomanes parisiens aient gardé, pour cette raison ou d'autres, un souvenir de lui impérissable, tout comme ensuite les Lyonnais - qui ont le don manifeste de dégoûter les chefs de leur ville ou alors de se dégoûter des chefs qu'ils embauchent. Allez savoir comment quelqu'un sortant d'un anecdotique mandat à la tête d'un orchestre de province français se retrouve courtisé pour prendre la direction soit du Chicago Symphony, soit du New York Philharmonic. On connait la fin de l'histoire : Chicago a préféré casser sa tirelire pour Muti et NY a gaiment plongé dans la médiocrophilie en se rangeant à la politicaillerie communautariste, et notre Malibu conductor s'est contenté de la direction du (très respectable) Saint Louis Symphony, et d'un statut de premier chef invité du BBC Symphony. Je n'ai jamais vu Robertson diriger Lyon et n'ai donc pas d'opinion là-dessus, mais en revanche, sur ce que j'ai vu au Barbican, il est bien dommage pour la vitalité du monde orchestral qu'il n'occupe pas le trône de Manhattan scandaleusement squatté par Gilbert.

    Car dans un répertoire à présent aussi concurrentiel (du moins avec des standards aussi élevés) que Sibelius, ce chef au parcours relativement atypique fait mieux que se défendre, alors même qu'il aborde deux pages sans doute parmi les plus complexes et techniquement ardues du compositeur. J'espère du reste pouvoir un jour comparer sa prestation à une des exécutions de la 5e Symphonie par l'actuelle patronne de l'Intercontemporainn, Susanna Mälkki - eh oui, quand elle a le temps de s'échapper du conformisme parisien pour diriger ailleurs, Mälkki propose Sibelius, ou Beethoven. Robertson ouvre la soirée, comme Paavo Järvi cet automne, avec Tapiola. Si Järvi avait survolé le sien, comme trop tendu vers la réussite (admirable) de son Prokofiev, Robertson propose beaucoup mieux, c'est-à-dire presque un vrai Tapiola. Il est vrai qu'il dispose pour ce faire d'une phalange aux moyens autrement adaptés que l'Orchestre de Paris. Depuis la dernière venue à Paris du BBC Symphony (superbe concert de Jiri Bělohlávek), j'avais la conviction que cet orchestre avait bien peu, sinon rien à envier au niveau médian des trois grandes formations londoniennes. Ayant donc entendu enfin les quatre dans une même saison, je confirme cette impression. Et au passage, infirme un lieu commun quant à l'acoustique du Barbican Hall, tenue pour responsable de la fadeur de tant de disques récents : cette acoustique est excellente, chaleureuse, respirant naturellement, sans sécheresse excessive ni effet cathédrale (je pense même l'avoir préférée à celle du Festival Hall où j'étais la veille) ; une qualité peut-être augmentée, certes, par le fait que la salle était à moitié vide (et je suis gentil), me permettant d'occuper le plein centre du second rang du Circle. Quoiqu'il en soit, l'entame de Tapiola présente absolument toute la splendeur et la densité requise, avec des cordes intenses et très homogènes (avec un équilibre harmonique plutôt haut, à l'inverse de leurs trois voisins londoniens), et surtout cette petite harmonie qui est sans doute la plus intrinsèquement belle du Royaume-Uni. Il est certain que les solos du LSO sont plus brillants, et qu'avec Jurowski et Salonen les bois du LPO et du Philharmonia jouent avec un engagement encore supérieur : mais cela n'empêche pas de penser que l'outil de la BBC est bien le plus désirable.
    Du reste, on ne peut reprocher à Robertson de ne pas en tirer le maximum, ou presque : l'intensité de jeu des flûtes, notamment, est tout à fait réjouissante à quantité d'endroits (tout le premier développement de C à F, ou la section m. 419-461  sont d'un engagement sans faille, et c'est là un ravissement en soi). Robertson adopte une tempo de base plutôt plus rapide que la norme et s'y tient globalement. On peut en revanche émettre deux réserves quant à sa direction : l'une relative à des imperfections dans la maîtrise des plans, précisément quand les plans s'entrechoquent violemment - M à N, avec des cuivres un peu criards (pourquoi pas) et mal ajustés, et le même problème dans le grand climax sur trémolos. Robertson déclarait récemment au sujet de ce passage (je traduis) "la tempête que déchaine Sibelius juste avant l'étonnante bénédiction finale d'un riche accord majeur est la plus terrifiante de tout le répertoire" : si sa préparation aux cordes a été irréprochable, c'est malheureusement l'irruption de l'effroi qui a un peu échappé au chef. L'autre réserve concerne la fluidité rythmique et du coup instrumentale (violons notamment) de certaines transitions et surtout de la coda, dans laquelle les liaisons sont découpées assez laborieusement, pour conduire un à une extinction mal maîtrisée. Mais ce sont là des objections à chaque fois purement techniciennes : globalement, la conduite est belle, pleine de naturel et de sincérité, sans complications.

Detlev Glanert
    Entre les deux Sibelius, la première britannique de la Music for Violin and Orchestra de Detlev Glanert fait une impression mitigée. Le jeune compositeur allemand, jusque là plutôt réputé pour son écriture vocale et opératique, a apparemment le vent en poupe à Londres. Je dois dire que son style pour le violon, comme tel, m'a paru assez anodin ou anonyme : la galerie raisonnée du bon petit concerto y passe (cantilène, doubles cordes rythmées, enchainements de pizz de main gauche en polyrythmie, etc, etc.), mais quelques jours avec la création française du concerto de Salonen, tout cela paraît bien sage et convenu. On peut sauver une partie de l'écoute en prêtant attention au fait qu'il ne s'agit pas d'un vrai concerto - malheureusement pour lui, le titre sans y paraître convoque tout de même une sacrée référence trop méconnue, la sublime Musik fur Geige und Orchester de Rudi Stephan. Ses trois mouvements ne suivent pas vraiment une logique dialectique pensée pour le soliste, mais proposent trois tableaux orphiques (Cantus, Passus et Spiramen, inspirés des sonnets de Rilke) dans lesquels le caractère concertant est exploité beaucoup, un peu ou pas du tout. Il en ressort certains passages particulièrement inspirés et subtils, comme la fausse cadence, il me semble à la fin de Cantus, qui est sorte de mini-fantaisie pour le violon soliste, le piano, la harpe, quelques percussions et le tuba (ce n'est sans doute pas complètement exhaustif ni précis, mais j'avais simultanément un concerto pour sac plastique juste derrière moi, interprété par un vigoureux cacochyme. Un passage beaucoup plus convaincant que la cadence finale proprement dite, assez académique et inoffensive, et l'extinction finale pointilliste, charmante mais également convenue. Le concertmaster du BBC Stephen Bryant défend avec beaucoup de sérieux et de conviction cette partition inégale : sa sonorité est un peu étriquée, mais son aptitude à dialoguer efficacement avec ses collègues du quotidien fait en revanche beaucoup pour l'intelligibilité de la musique.
    Né exactement la même année que Salonen (qui dirigeait au Festival Hall la veille), Robertson présente d'autres points communs : l'appétence pour la musique de son temps bien sûr, mais aussi l'air éternellement jeune, l'engagement physique de la direction, et un penchant manifeste pour l'excitation, voire la transe virtuose. Et l'on pourrait croire à certains égards visuels que l'Américain cherche parfois à imiter le maître finlandais. Ce qui le sauve d'une comparaison forcément cruelle (la 5e parisienne donnée par Salonen lors de l'intégrale en tournée de 2007 était tétanisante, voire monstrueuse : une création du monde) est pourtant une nette divergence de conception générale. Roberston, comme dans Tapiola, opte pour des tempos dans les fourchettes rapides, avec peu de fluctuation (mais heureusement non sans assez de souplesse). L'une des différences la plus fondamentale étant qu'il adopte une lecture "normale" du second thème du finale, sans changement radical de battue (ce qui est heureux car on ne voit pas trop qui d'autre que Salonen pourrait tenter ce genre d'audace sans se vautrer lamentablement). D'autre part, Robertson adopte l'option consistant à jouer la symphonie d'une traite avec deux attacas. Je dois dire que je suis franchement hostile à ce choix (uniquement en ce qui concerne l'attaca du I au II) : cette liaison harmoniquement malaisée (tonalités très éloignées de mi bémol et majeur, d'autant plus que le ré n'est d'abord pas du tout harmonisé et que le mode de l'accord précédant est aussi éclatant que possible) l'est d'autant plus que les caractères des pages ainsi liées sont radicalement antagonistes. Et s'il y a une nécessité musicale naissant de l'irrésistible emportement concluant le I, je ne vois pas ce que ce serait d'autre qu'un (long) silence : l'argument de la bêtise du public ne prend pas, il suffit de rester bras et archets suspendus pour qu'il reste coi. Mais passons.
    Cet important regret mis à part, Robertson et le BBC présentent les mêmes qualités et menues défauts que dans Tapiola : cohésion et chaleur du quintette, richesse et enthousiasme des bois (absolument parfaits, mais alors parfaits sur l'entame du thème des cygnes) ; puissance mais légères imprécision, et problèmes d'étagements du côté des cuivres (frustrant souci d'équilibre trompettes/cors, les premières ne jouant pas assez en-dehors et les seconds beaucoup trop dans la coda du I). Direction vivifiante et directe (la façon de lancer et mener rythmiquement les sfz du second thème du I aux violons ne manque ni d'efficacité ni de classe), qui pêche parfois par excès d'enthousiasme et un peu de naïveté - certains changements de tempos du II tendent trop vite vers l'emportement sans en garder sous la pédale. Mais la tension, d'un bout à l'autre, est tout de même présente, toute cette énergie étant déployée sans ruse ni artifice - mis à part un effet inutile aux portes de la coda (5 après P) interrompant le crescendo pour subitement repartir du piano et se ruer au fortissimo. La coda du finale sera, elle, beaucoup plus réussie, avec une belle progression, des accords finaux extrêmement riches et homogènes (ça sonne, en somme !) et une gestion rigoureuse et cohérente des silences. C'est déjà beaucoup et très sympathique.
Théo Bélaud
Contrat Creative Commons
le petit concertorialiste by Théo Bélaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments