Mahler de son berceau jusqu'à sa tombe

 ∏ ∏ 

- Paris, Salle Pleyel, le 29 janvier 2011
- Mahler, Kindertotenlieder - Symphonie n°10 en fa dièse majeur, version de concert (III) de Deryck Cooke
- Thomas Hampson, baryton
- Orchestre Philharmonique Tchèque
- Eliahu Inbal, direction

    Mahler est né en Bohême, puis a grandi dans dans l'actuelle République Tchèque profonde, la Morave, et y a même obtenu son premier poste permanent de fosse, à Olomuc, en 1883. Deux ans plus tard, à vingt-cinq ans, il devenait chef-assistant du Neues Deutsches Theater de Prague, où il remporta ses premiers triomphes de chef dans Mozart et Wagner. Boucle presque parfaite, c'est à Prague, encore vingt-trois ans plus tard, que fut donnée l'avant-dernière création entendue de son vivant, celle de la 7e Symphonie : Mahler dirigeait lui-même la Philharmonie Tchèque ce 19 septembre 1908 (date approximative de la photo ci-dessus). Bref, Mahler est tchèque presque autant qu'autrichien (il se disait d'ailleurs bien trois fois apatride), et ce n'est pas pour rien que les musiciens tchèques ont apprivoisé sa musique avant même les viennois. Ce n'est surtout pas pour rien qu'ils l'ont toujours magnifiquement jouée depuis cinquante ans, et que, sans forcément toujours tenir la comparaison avec les plus grands interprètes, leur façon de jouer Mahler a toujours eu quelque chose de profondément singulier et reconnaissable. L'alternative à l'húbris mahlerien cultivé de l'Allemagne aux États-Unis a toujours été une évidence pour ces musiciens, et il était d'ailleurs instructif autant qu'agréable d'entendre cette voix singulière naturelle, qui vient de loin, à la suite de la courageuse remise en question du Mahler-cliché opérée par Gergiev en décembre dernier.
    Tout cela est d'autant plus valable que la baguette d'Eliahu Inbal - 75 printemps cette année - est toujours celle dont la première tabula rasa mahlerienne avait déchainé les passions contradictoires dans les années 80 : on a un peu vite fait, encore aujourd'hui, de réduire sa manière à une "objectivité" (je n'ai de toute façon jamais compris ce que cette notion recouvrait en musique) textuelle ou du moins de retrait de l'implication personnelle dans la partition. Cela tient certainement à la standardisation d'un Mahler hypertrophié, survitaminé et surinvesti, que le simple allègement des textures ou la seule clarification verticale (autrement dit un certain bon sens musical) ont suffit à remettre en question. En nommant la saison passée le maestro israëlien chef principal, la Philharmonie Tchèque a, au moins pour ce qui concerne son Mahler, fait un choix identitaire pertinent, et ce concert parisien l'a démontré.

    Cet orchestre extraordinaire est bien trop rare à Paris, au point d'ailleurs que je n'avais pu jusque là l'écouter que dans son Rudolfinum de Prague, pour un concert Beethoven. Je me souviens très bien, notamment, de mon émerveillement devant le tricot irréel de ces cors légendaires dans le Concerto pour violon, ou devant la classe irrésistible du hautbois de Jana Brožková dans la Symphonie en ut majeur. C'est cette même hautboïste, sauf erreur de ma part dans un sens ou dans l'autre, qui offrait une divine première phrase des Kindertotenlieder. Il ne me semble d'ailleurs pas exagéré de dire que que Nun will die Sonn so hell Aufgeh'n initial a été l'un des sommets absolus du concert, et donc un des plus beaux moments de la saison symphonique. Car tout touchait ici aux points limites, là on l'on ne peut rêver mieux, de l'excellence instrumentale : après le hautbois, il y a l'entrée en piste d'Ondřej Vrabec, un extraterrestre du cor (qui à ses heures perdues dirige son orchestre), dont le solo renvoie à leurs chères études tous ses homologues berlinois, münichois, new-yorkais, etc. Quant à la première intervention des premiers violons, - "... Musst sie ins ew'ge Licht versenken..." - je crois bien qu'il s'agit de la plus fine, souple, élégante, sensuelle et intense phrase de violons que j'ai entendue depuis... le Lac des Cygnes de Saint-Petersbourg l'année dernière, et c'est dire. Et tout ce qui suit s'arrime à ce niveau exceptionnel de perfection individuelle autant que de subtilité collective.
    Dans la direction d'Inbal, on pourra certes contester, s'interroger du moins sur une relative tendance à la dichotomie entre intégration, fluidité générale d'un côté, et soudaine mise en exergue de l'autre - on peut aussi comprendre qu'avec un pupitre de cors aussi prodigieux il soit tentant d'isoler de temps à autres leurs interventions de la ligne mélodique générale. Son attention à la ligne d'Hampson est en revanche généralement exemplaire, parfois troublante dans la communauté de respiration - les violoncelles sur "...O Augen !", alors même que de part et d'autre le rapport à la barre de mesure est aussi libre que possible. Et Hampson ? J'avais entendu pis que pendre des Kindertotenlieder qu'il avait donné en récital au TCE deux semaines plus tôt, ce qui m'avait d'ailleurs surpris : la superstar américaine, dont la célébrité est très liée à ce répertoire grâce à Bernstein, avait encore la saison passé été le rayon de soleil d'un cauchemardesque concert du NY Ph. à Pleyel. Il n'est pas seul à briller ici, c'est le moins que l'on puisse dire, mais l'extrême sobriété expressive de sa prestation a le grand mérite de se fondre entièrement dans le climat plus spirituel et introspectif que révolté de l'interprétation générale. La voix s'est sans doute voilée mais son pouvoir d'émotion, presque consubstantiel à son économie de moyens, est à l'évidence intact. Tout juste la projection de ses ultimes "...Im diesem Wetter..." peine-t-elle un peu à densifier le pianissimo - en milieu de bergerie gauche, je ne saurais me plaindre, mais au milieu des balcons, tout le wiegenlied (à l'esprit irréprochable par ailleurs, sans pathos mais plein de tendresse naturelle) a dû être peu audible.
    Des Kindertotenlieder typés, plus translucides que corrosifs, mais réellement poignants, qui auront finalement semblé tout entier tendus vers le retour au berceau, à la chaleur et la douceur accueillante du foyer maternel qui dans la conclusion se confond avec le repos éternel.

    Enfin une Dixième ! C'est à bon droit que quantité de mélomanes se plaignent de l'inflation mahlerienne, qui n'a pas attendu le centenaire de 2011 pour exister : elle est pourtant symptomatique d'autre chose, qui est la fascination jusqu'à l'amour-haine actuel de musiques définissables au moins en partie par leur exaltation forcenée de l'individualisme de combat, du héros tragique face à la société oppressante, de la singularité du sujet contre l'esprit collectif et les systèmes de valeurs, de l'expression maximisée de soi, bref, de toutes les foutaises post-modernes qui servent de substitut à la perte de valeurs esthétiques, morales et politiques : on a réduit à ce dessein inconscient Mahler à cette chose repoussante, une pure musique du psychologisme de masse. Il y a un rapport direct entre le fait de jouer toujours plus de Mahler devant des salles toujours remplies et conquises et tout en se plaignant toujours plus du trop-plein de Mahler, et d'autres phénomènes récents de rapport au répertoire comme l'extrême raréfaction de Mozart des concerts symphoniques, par exemple. Cette situation, sûrement, aurait profondément déplu à Mahler, lui qui ne voulait au fond rien d'autre que prendre sa place dans la grande tradition symphonique germanique classique, et qui sur son lit de mort, à défaut de finir la 10e, dirigeait un dernier orchestre imaginaire dans Mozart. Cette situation, on ne peut pas y faire grand'chose, mais au moins peut on se réjouir de l'exécution, par ces merveilleux musiciens, d'une œuvre qui charrie encore trop de malentendus.
    Car la 10e de Mahler n'existe pas ; c'est une chose factuelle, dès lors que le compositeur n'y a pas mis lui-même la dernière double barre pour envoi à l'éditeur. Mais personne ne questionne la légitimité d'exécutions du Requiem de Mozart, qui est encore moins achevé que la 10e (alors que les brouillons et la particelle de cette dernière ne laissent que très peu de zones d'ombre quant au discours pensé par Mahler). Dans le cas du Requiem, tout juste débat-on (un peu) de la pertinence d'user de telle ou telle complétion. Et personne ne proteste jamais (et tant mieux) contre les exécutions de la fantaisie en mineur, ou de l'andante de la sonate en ut majeur, dont les dernières lignes ne sont les deux fois pas de Mozart. Là encore, toucherait-on avec la dernière symphonie de Mahler à une sensibilité collective aujourd'hui bien plus susceptible que lorsqu'il s'agit de Mozart ? Allez savoir. Pour ma part, je m'en tiens au fait : ce dont il s'agit dans le texte, c'est de A performing version of the draft for the Tenth Symphony, prepared by Deryck Cooke : c'est écrit en toutes lettres sur la page de garde du conducteur Faber de la seconde édition (révisée par Goldschmitt et les deux Matthews) de la deuxième complétion Cooke (que je nomme donc Cooke III). Au passage, sachez que cette partition coûte une petite fortune, mais que l'investissement est largement justifié par le soin éditorial général, l'intérêt de la préface et de l'appareil critique, et surtout la reproduction intégrale de la particelle principale de Mahler. Il fait assez peu de doute que cette complétion là ou une autre (même si cette dernière hypothèse devient de moins en moins probable) finira par ne plus être vue que comme la 10e de Mahler, sans autre subtilité : c'est la destinée des bonnes complétions. Mais en attendant, il faut encore convaincre que la volonté des auteurs de l'admirable travail entrepris il y a plus d'un demi-siècle n'a jamais été de faire croire au public que la 10e était ressuscitée, puisque comme telle elle n'a jamais vécu.
    La lecture qu'en proposent Inbal et les Tchèques est assez proche, dans l'esprit, de la nouvelle référence qu'est l'enregistrement de Michael Gielen. Elle se caractérise par une stricte conformité à l'exécution d'une "version de concert" de partition inachevée, qui ne cherche pas d'indications de rubato, de caractère ou de dynamique autres que celles prudemment publiées. Ce n'est certainement pas un mal : je lisais l'autre jour les très intéressants propos de Salonen sur les problèmes que posent la musique de Ligeti au chef d'orchestre, en matière de rectitude expressive et de continuité sonore. Salonen explique (et il a travaillé avec le principal intéressé en son temps) que pour parvenir au résultat souhaité par le compositeur il était nécessaire de faire le tri parmi ses nombreuses indications, notamment dynamiques. On peut à mon sens en dire autant de Mahler, et pas forcément que pour les dynamiques. De la même manière, aussi, que l'extraordinaire mûrissement du Chostakovitch des Borodin, autre musique si connotée en charges émotionnelles - charges qui finissent toujours, pour paraphraser Boulez, par franchir la frontière ténue qui sépare tradition et mauvaises habitudes, habitudes faciles du moins ; ou qui franchissent une autre frontière, encore plus dangereuses, celle par-delà laquelle les émotions deviennent des représentations d'elles-mêmes.

Ondřej Vrabec
    De ce point vue, la globalité de cette interprétation de la 10e est inattaquable : c'est la quête incarnée de la pura cosa musicale vers laquelle on serait bien inspiré de faire tendre plus souvent chaque symphonie de Mahler. Et c'est d'autant plus séduisant que l'orchestre convoqué est peut-être le plus idéalement serviteur de ce dessein. De menues réserves de conception et de finition peuvent certes être faites : la principale concerne la gestion métronomiques du premier mouvement, qui brille par sa souplesse mais frustre par l'excès d'indifférenciation des andantes et des adagios. Un problème cependant presque compensé par l'incroyable transparence de la Philharmonie Tchèque - même les quasi-clusters sont phénoménaux de lisibilité, et oui, je sais, en toute rigueur, ce ne sont pas des clusters. L'autre réserve porte sur un certain manque de tranchant rythmique et dynamique dans les deux scherzos, en fait surtout dans le second, où l'on pouvait être frustré que les plus beaux cors du monde ne soient pas davantage mis à contribution pour, notamment pour leur motif dédié (m. 103-107 et surtout dans la progression m. 197-210, qui manque aussi de tension aux violons). Ce qui ne les aura pas empêché d'être magistraux de bout en bout, bien que touchés par le turn-over général (Vrabec, Brožková ainsi que le konzertmeister Bohumil Kotmel laissant leur place à des solistes peut-être légèrement moins brillants). En revanche, il y en a un qui a fait tout le concert, c'est le premier flûtiste (que je n'ai hélas pu identifier : Radomir Pivoda ?), d'une classe sensationnelle dans la grande cantilène du finale. Et c'est tout l'orchestre qui brille de mille feux dans un formidable Purgatorio, parfaitement pastoral et absolument intense pourtant (quelle raffinement du tapis de cordes !).
    Un finale où cette fois la ductilité de l'avancée n'appelle aucune réserve et illumine plutôt cette page fabuleuse de toute l'évidence architecturale qu'elle mérite - le retour des clusters n'a rien de plaqué, on y est conduit avec la plus forte et douce nécessité. Détail faisant une légère entorse à la conformité au travail philologique, les IV et V ne sont liés que par un seul coup de grosse caisse: la problématique est déjà bien connue, Cooke et ses élèves ne pouvaient en toute rigueur, au vu du matériau existant, faire autre chose qu'en noter un à la dernière mesure du scherzo et un autre entamant le finale. Dans la préface à la seconde édition, les dits élèves indiquent comprendre la nécessité musicale de ne jouer qu'un coup, et disent même penser que c'est ce qu'aurait fait Mahler. Je suis partagé, pour ma part : dans sa particelle, Mahler a pris soin de noter ses coups dans le mètre de chacun des mouvements, le premier sur le premier des trois temps, le second sur le premier des quatre temps... alors même que la deuxième mesure du finale repasse immédiatement à trois temps : en admettant que Mahler ait hésité sans trancher entre un brouillon de scherzo conclu par le coup, et un brouillon de finale entamé par le coup, pourquoi aurait-il alors inséré de toute façon comme première mesure du finale un 4/4 ?
    Le débat ne sera sûrement jamais tranché : celui qui est tranché est celui de comment les coups doivent sonner tout au long du finale, à savoir avec aridité, dureté, sans résonance, et cela était remarquablement bien fait - au même titre que toute la prestation du timbalier, très inspiré dans ses choix de baguettes, et des percussionnistes. Le tuba est parfait, tout comme la trompette soliste, impressionnante dans sa pédale d'après-cluster, par-dessus laquelle les quatre cors se couvrent une dernière fois de gloire, montrant qu'un vrai unisson de cors, sur quatorze mesures lentes, par toutes les dynamiques, qui soit d'intonation immaculée, eh bien oui, c'est possible, et non, ce n'est pas Dieu qui en décide, mais les cornistes. Inbal maintient la tension une fois passé ce basculement, et son glissando finale est magnifique : un peu triché, empiétant sur la blanche, mais avec quelle maîtrise dans le ralentissement ! Cerise sur le gâteau, il s'offre le luxe, arrivé sur le sol#, de faire jouer les trente violons sans coups d'archets, déterminés et pas avec de simples contre-archets coordonnés, mais bien avec toute la gamme des notes tenues possibles, du simple tiré au quasi-trémolo : étant donné qui manie les archets, l'effet sonore est aussi extraordinaire de beauté que d'effroi. Une fin à hauteur des espérances, de l'enjeu, de la rareté de ces interprètes comme de cette partition, qui tous sont d'un prix inestimable.
Photos du concert : lpc

Théo Bélaud
Contrat Creative Commons
le petit concertorialiste by Théo Bélaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.
 

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments