Un mois avec Salonen (5) : pianismes et chorals

∏ ∏ ∏
- Paris, Théâtre du Châtelet, le samedi 5 février 2011
- Salonen, Yta II ; Second Meeting (*); Dichotomie - Ravel, Gaspard de la Nuit
- Dimitri Vassilakis, piano - Hélène Devilleneuve, hautbois (*)
- Paris, Théâtre du Châtelet, le dimanche 13 février 2011
- Salonen, Deux Chansons du Calendrier Rouge ; Concerto pour Saxophone - Hillborg, Endless Sky - Salonen, Concerto pour piano
- Sequenza 9.3, Catherine Simonpietri, direction
- Claude Delangle, saxophone
- Bertrand Chamayou, piano
- Les Siècles, François-Xavier Roth, direction
D. Vassilakis
Donné le lendemain de la glorieuse exécution de la 4e Symphonie de Lutoslawski, le concert du 13 février était le seul du festival à mettre en scène un autre orchestre que le Philhar'. On n'ergotera pas plus que de raison sur le choix des Siècles, formation à la fois dénuée de toute personnalité et pour le moins fragile sur le plan de la cohésion instrumentale. Son directeur, François-Xavier Roth, est un peu le chef d'orchestre dont on sous-entend toujours du mal dans les conversations sans jamais avoir envie d'en faire un souffre-douleur officiel, dans la mesure où il dirige des programmes sympathiques, où ses états de service pour Présences obligent à un certain respect, et où il serait trop déprimant de vouer aux gémonies un chef qui risque de diriger encore longtemps, et souvent, notre orchestre parisien favori. Naturellement, entendre l'attelage Roth/Les Siècles dans une partition créée à Paris par Salonen et le... Philhar' (le concert du 19 décembre 2008 auquel on ne finit décidément pas de revenir) ne pouvait être que très, très cruel. Y ajouter le piano toujours plus claque-brinquebalant de Bertrand Chamayou aurait pu achever ce funeste tableau, au détail près que pour la partie soliste du concerto la barre n'avait pas été mise aussi haut (Bronfman s'y entendant lui aussi pour enfiler comme des perles des notes se ressemblant toutes).
Et d'une certaine manière, il y a là une bonne surprise : Chamayou joue bravement sa difficile partie en crispant, piochant, cognant, compensant autant qu'imaginable pour offrir toutes les notes, et cela revient presque finalement à créer plus de discours, ou du moins quelque chose de plus touchant qu'avec Bronfman (que ce soit au disque ou au concert). Les bois sont approximatifs, les solos totalement dépassés par les événements, les cordes malingres offrent bien des moments improbables (comme la conclusion du II, sensuelle jusqu'à l'ivresse sous la baguette de Salonen, et ici méconnaissable). Tout cela n'altère pas entièrement le plaisir de réentendre cette page majeure de Salonen, que j'apprécie énormément malgré son excès de volubilité, et ce depuis sa première française.

Plus gratifiante encore, cependant, était l'audition de deux des principales pièces pour piano seul de Salonen - on n'a pu, malheureusement, entendre Invenzione e Chorale durant le festival. Un récital réjouissant au possible, nonobstant la relative perte d'énergie et de conduite de Dimitri Vassilakis dans Gaspard, mais on n'était pas veni pour écouter Gaspard.Je n'ai, à regret, pu entendre au concert qu'une seule pièce de la série des Yta (approximativement traduisible par surface), équivalent pour Salonen des Sequenzas de Berio - mais avec un projet de départ sans doute plus ciblé. En l'espèce, Yta II, pour piano, est sûrement une des pièces les plus représentatives et convaincantes du cycle en l'état actuel. Son écriture répond intelligemment cette double contrainte : une écriture privée de densité polyphonique et donc d'harmonie synchrone, et par conséquent la nécessité de développer autant que possible la dimension diachronique du contenu harmonique du discours. La chose intéressante est bien sûr ici que cette problématique est presque aussi ancienne que les grands cahiers d'études pour piano, de Liszt et Chopin à Lutoslawski et Ligeti : le propre de bien des plus géniaux exercices de vélocité pour piano est d'être au fond des chorals étirés.
H. Devilleneuve
Yta II (1982) n'ambitionne peut-être pas de se mesurer à ces grands jalons, mais ne s'en offre pas moins comme une très belle étude de déplacements, de vélocité et de legato. Poussant à terme sa logique, elle fait l'économie de barres de mesure et n'est structurée que par le temps de ses traits, répartis sur 37 lignes proches de la monodie, mais bien entendues garnies de beaucoup de notes. L'idée de pure surface sonore est ici prétexte à une métaphore qui n'a rien de littéraire, quant à la faculté réflexive de représentation de l'idée de surface - le miroir, l'étendue d'eau gelée, le scintillement et le glissement. La vitesse est bien sûr le moyen d'y parvenir et donc l'autre sujet principal de l'étude, toute la pièce faisant osciller les grands traits à la lisière de la gamme et du glissando (notamment par le remplacement très fréquent des passages de doigts par des doigtés micro-glissés (1-1 pour monter, 5-5 pour descendre, etc.), qui ont en outre le grand intérêt, surtout en regard des standards techniques actuels, d'interdire au pianiste l'articulation triviale. Autant de données abstraites et pratiques brillamment mises en évidence par Dimitri Vassilakis.


Extrait de la conclusion de Mécanisme
L'autre complément au récital, signé Salonen, était Second Meeting (1992), pièce pour hautbois et piano brillante et agréable, quoique certainement un peu bavarde pour sa substance : elle était heureusement défendue, et comment, par notre hautbois national, la toujours parfaite Hélène Devilleneuve, qui devenait ensuite la plus charmante des tourneuses de pages pour Vassilakis. Le pianiste de l'Intercontemporain avait déjà présenté la création française de Dichotomie, et c'est avec une gourmandise à l'évidence non feinte qu'il y revient, dans des conditions peu évidentes - le grand foyer du Châtelet, un parterre amassé en rangs serrés bien trop près du piano, les sirènes de police, et un Fazioli sans doute très beau mais tout sauf adapté aux lieux. Dichotomie est une œuvre extrêmement représentative bien que non orchestrale des préoccupations les plus importantes du compositeur, et a d'ailleurs été écrite lors de l'année sabbatique (2000) durant laquelle Salonen a posé ses valises et sa baguette pour prendre son nouvel envol de compositeur. Par sa structure, bien sûr (I. Mécanisme / II. Organisme, en français dans le texte) reflétant la fascination de Salonen pour cette dualité qu'il assimile aussi à celle de ses deux grands amours de chef, Stravinsky et Sibelius. L'ordre en lui-même, sans doute, n'est pas innocent : comme dans sa trajectoire personnelle de chef et de compositeur, Salonen est partie du mécanique pour parvenir au goût de l'organique (rappelons que jeune, il n'avait aucune appétence pour Sibelius). Si la formule principale de Mécanisme est des plus simples (reprenant partiellement une idée de Foreign Bodies, me semble-t-il) et n'évolue que par petites touches, Organisme présente un cheminement plus complexe et stimulant dans la variété d'écriture, et introduit au sein des lentes métamorphoses harmoniques des éléments mélodiques subtilement diffus.
Extrait de la conclusion d'Organisme
Le diptyque est également représentatif de la signature harmonique du Salonen récent, qui se faufile en permanence entre chromatisme et consonances modales par des jeux ici très transparents de progressions parallèles diatoniques/pentatoniques. Cette signature traverse Mécanisme et Organisme en les reliant par des idées communes, dont certaines sont particulièrement convaincantes, à l'exemple des débuts de conclusion de chacune des parties (exemple ci-après): dans les deux cas, outre le parallélisme des procédés, aspiration à la fusion des deux états d'écriture et de jeu, l'esquisse de passacaille à la basse peut s'apparenter à un résumé du processus qui a précédé, donnant un exemple des pistes toujours infinies qu'il y a à penser dans les relations de la forme à l'harmonie. Les forces conservatrices auxquelles Salonen s'est attaché dans sa jeunesse sont bien sûr très rétives à ce que représente cet effort de pensée, précisément en ce que leurs procédures triviales ne supporte pas, tel des vampires à la lumière du jour, l'exposition à ce genre de critère trop abstrait pour le conceptualisme d'apparat (pure provocation pour le plaisir ici, mais je reviendrai plus sérieusement sur cette question dans quelques jours).
S. Stucky, A. Hillborg et M. Lindberg ; à l'évidence ils viennent de commettre un mauvais coup : si vous êtes une des filles à l'arrière-plan,vous pouvez adresser votre témoignage ici , il sera accueilli avec intérêt)
A ce propos, Salonen a-t-il voulu s'interroger lui-même sur son parcours en choisissant, ou au moins en validant la programmation de son Concerto pour saxophone auprès de celui pour piano ? Peu importe, mais s'il y avait dans ce festival un concert pour y réfléchir, c'était bien celui-là. Car l'audition de celui-ci renvoie de façon très directe au commentaire du principal intéressé sur son travail de jeunesse. Je citerai in extenso ces propos dans une autre chronique, mais malheureusement (ou non, après tout), l'image que reflète cette œuvre au programme abscons, à la fois trop longue et trop aphoristique, au matériau trop dense et trop éclaté à la fois, est celle de l'avant-gardiste débutant à la recherche d'une voie qui n'était pas celle qu'il fait ici entendre. Comme si Salonen avait aussi dû entamer sa révolution à son propre rythme pour que sa musique cesse d'être celle d'un Lindberg du pauvre - ce à quoi ce concerto s'apparente, dans le contexte d'alors (1982). L'enthousiasme toujours intact de Claude Delangle n'y peut pas grand'chose.
Les œuvres chorales qui complétaient le programme du 13 février sont en revanche beaucoup moins anecdotiques. Après Dona Nobis Pacem pour chœur d'enfant, l'existence d'un style Salonen en matière chorale est confirmée par ces Deux Chansons du Calendrier Rouge pour chœur mixte complet, sur les textes puissamment érotiques de Ann Jäderlund. Ce diptyque concis mais très varié et imaginatif, a été composé pour les soixante-quinzième anniversaire du Chœur de la Radio Suédoise, également durant l'année sabbatique. Après l'accroche chuchotée-criée de Lyss min mum (Embrasse ma bouche), la pièce se développe avec une grande économie de moyens rythmiques en jouant principalement de l'opposition des registres, et l'exacerbation expressive de formules simples mais puissamment expressives. Seule, elle dépasserait de peu l'anecdote, mais la seconde pièce,
Djupt I rummet (Au fond de la chambre), suit un processus très différent, allant du dépouillement à l'extrême virtuosité collective, dans une section médiane onomatopéique qu'encadrent les deux sobres énoncés du poème ("in a Palestrina-like simple counterpoint section", note Salonen à propos du premier énoncé).
C. Simonpietri et Sequenza 9.3
Enfin, c'est une très belle découverte que le Endless Sky (2004) d'Anders Hillborg, impressionnante page d'un bon quart d'heure pour seize voix mixtes, la plupart du temps solistes. L'exercice consostant à écrire des sortes de Metamophosen vocales est devenu un quasi standard de notre modernité (on pense bien sûr à Lux Aeterna de Ligeti, mais aussi à Boulez ou Ferneyhough), mais il est rare que l'exercice conclue à une musique d'une telle intelligibilité expressive - même si ici la révélation de cette intelligibilité relève plus du processus que de l'immédiateté. C'est que Hillborg, suédois certes partiellement extérieur à la nébuleuse finlandaise de la génération Lindberg-Saariaho-Salonen, apporte à ce genre hautement complexe la vision d'un compositeur ayant dépassé les interdits et impératifs de la complexité vue comme cri primal identitaire du post-sérialisme. La complexité est bien là - de toutes les partitions jouées à Présences 2011 que j'ai lues, Endless Sky est de loin celle dont la simple lecture ne m'aurait guère donné idée de la façon dont elle sonnait, mais ma foi, elle sonne bien. 
On remonte ici à rebours de la logique des Yta de Salonen, celle-là même qui avait été pensée comme protestation (prémices de la volte-face idéologique de Salonen) contre l'individualisation-éclatement des lignes d'une écriture toujours plus gourmande en nombre de portées : ici, partant d'une surface étale et d'apparence immobile, on extrait progressivement la masse grouillante de ce qui vit en-dessous, pour parvenir d'abord à une polyphonie d'apparence anarchique qui une fois mise au jour parvient enfin à ordonner ses multiples contraires, matériaux de deux grandes catégories : des nappes harmoniques généralement proches du cluster (introduisant des citations d'Orlando Gibbons), et des groupes d'ostinato staccato très secs, en notes répétées, la succession des groupes finissant sur l'ensemble de l'œuvre par couvrir les douze sons).
L'ensemble est d'une grande et toujours ambiguë beauté, à l'image du texte composite faisant se succéder Dante (Enfer et Paradis), Dylan Thomas et un Lux Aeterna/Requiem Aeternam. Si la partition a capella de Salonen n'a rien d'un jeu d'enfant, ne serait-ce que pour le développement de sa seconde pièce, celle de Hillborg explore les confins de la difficulté d'exécution chorale (elle n'est pas dédiée au Chœur Eric Ericsson pour rien...), et c'est un grand coup de chapeau qu'il faut tirer à Sequenza 9.3 et Catherine Simonpietri pour l'ensemble de leur prestation.

Théo Bélaud

Contrat Creative Commons

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments