Joyeux anniversaire Mr Herrmann ! (II)

NB Octobre 2016 : Veuillez noter la publication aux éditions Minerve de la biographie de Bernard Herrmann par Vincent Haegele

III : Une question de style
Comme nous l’avons vu précédemment, le parcours de Bernard Herrmann, fils d’émigrés juifs russes fuyant les pogroms de leur patrie, s’inscrit dans la lignée d’un certain nombre d’intellectuels new-yorkais amenés à exercer leurs talents sur la Côte Ouest : musicien accompli, chef d’orchestre et compositeur, son travail rapidement remarqué chez CBS devait l’amener d’une manière ou une autre à passer les portes d’or de la puissante machinerie cinématographique établie à Hollywood à partir des années 1900. Héritier d’une certaine tradition et d’une certaine école, en grande partie russe et européenne, ami de Charles Ives et fréquentant le cercle des connaissances de Henry Cowell, défenseur du répertoire contemporain, il est absurde de résumer son style au simple terme de passéiste.

Par Vincent Haegele
Héritier d’une certaine tradition et d’une certaine école, en grande partie russe et européenne, ami de Charles Ives et fréquentant le cercle des connaissances de Henry Cowell, défenseur du répertoire contemporain, il est absurde de résumer son style au simple terme de passéiste.
Rien de passéiste dans les toutes premières pièces radiophoniques de Herrmann, que ce soit La Belle dame sans merci, ou encore City of Brass, une fresque pompeuse et monumentale qui annonce la mise en musique de Moby Dick. La quasi faillite des studios CBS, son premier employeur, et son expérience des plateaux d’enregistrement de radios, le conduisent à faire la rencontre d’un autre personnage majeur, Orson Welles, acteur et producteur. Avec lui, Herrmann sonorise les émissions de Welles, qui finit par lui demander de mettre en musique son premier film et coup de maître, Citizen Kane. D’emblée le spectateur qui découvre pour la première fois le film est mis en présence d’un genre musical nouveau, radicalement différent des pratiques jusque-là en vigueur : des thèmes incisifs et courts, une prédominance de l’atmosphérique au détriment du grandiloquent, un orchestre à la fois massif et volatil, mais sachant faire corps avec le discours filmé.
Nous avons pu remarquer que Bernard Herrmann n’a fait qu’appliquer avec succès ses propres conceptions, déjà mises en pratique dans des partitions hors de tout contexte filmique : l’économie de moyens semble dans tous les cas primer sur l’étalage de formules complexes. Bien que formé à plusieurs écoles et connaissant Ives sur le bout des doigts, il ne semble guère attiré par le fait de superposer les rythmes ou d’utiliser un mètre irrégulier. Pour exemple, le quatuor Echoes est entièrement basé sur la répétition d’une même mesure à deux temps. Plutôt que d’amplifier, Herrmann tend à minimaliser son expression et à créer un sentiment de continuité. Echoes, œuvre teintée d’intime, est porteuse de la plupart des interrogations et des doutes qui assaillent le compositeur, mais apparaît bel et bien comme un bilan établi au crépuscule d’une carrière difficile.

Comme il a été dit précédemment, la « musique de film », postulat qui implique une nécessaire vulgarité d’expression selon certains commentateurs, reste encore largement à redécouvrir : en 1965, à l’époque de l’écriture d’Echoes, l’on trouve deux sortes de critiques. La première, inévitable, a été développée plus haut. La seconde porte sur le style de Herrmann lui-même. On ne sait trop ce qui a poussé le compositeur à écrire une œuvre de musique de chambre après tant d’années : la volonté de se retrouver sans doute et de se livrer à une analyse personnelle. Les souvenirs abondent dans cette partition, certains clairement identifiables (la Habanera de Vertigo), d’autres plus déformés. Ainsi, le thème principal de Marnie est clairement repris, mais réduit sur quatre notes à peine, laissé à l’état d’un véritable spectre. Herrmann épuise ainsi progressivement un matériau très pauvre, mais de manière efficace, à son habitude. L’on retrouve également son goût pour l’opposition des masses, masse réduite dans le cas présent à une confrontation entre les deux violons et les deux basses, alto et violoncelle.
Echoes pose la question de la réutilisation de certains thèmes, pratique courante chez des compositeurs dont les partitions ont été extrêmement nombreuses, parfois perdues et parfois réutilisées pour d’autres productions. En cela, Herrmann se révèle assez doué, se permettant même quelque revanche sur le destin. La Bataille de la Neretva reprend ainsi une grande partie de la partition rejetée du Rideau déchiré : sur le motif prévu pour la scène du meurtre de Gromeck, Herrmannn introduit le quartier général de l’armée allemande. Par ailleurs, pour le film, il réutilise, sans subtilité cette fois, l’introduction du troisième mouvement du Quintette avec clarinette, ainsi qu’un extrait de la B.O. de Fahrenheit 451. Abstraction faite de ces quelques auto-citations, il faut convenir que quelques années plus tôt, c’est ainsi qu’il crée et expérimente un style plus radical et en d’autres mots, invente à sa manière une véritable école du son cinématographique.

L’on retrouve chez lui les techniques éprouvées et les expérimentations les plus audacieuses : dès 1940, il mixe pour la radio plusieurs bandes sons sur plusieurs canaux. Cette technique, on l’a vu, trouve son aboutissement peu de temps après sur le plateau de Daniel Webster, où il enregistre couche sur couche un seul et même instrument à quatre reprises. Fervent lecteur des traités d’instrumentation du XIXe siècle, dont celui de Berlioz, il reprend à son profit les idées du compositeur français en termes d’effets de masse et l’incitation qui est faite à utiliser des combinaisons insolites.
Après Mrs Muir’s Adventure, on le voit recourir à des emplois qui confinent à l’étrange : 8 harpes pour Beneath the 12 miles reef, violons électriques, viole d’amour, électronique pure (les Oiseaux), guitares acoustiques, et bientôt des orchestres où sont démultipliés les cuivres et les bois : 16 cors, 12 trombones et trompettes pour le Rideau déchiré, 6 cors anglais ( !) dans Jason and The Argonauts. L’orchestre de Bernard Herrmann se constitue ainsi progressivement mais avec beaucoup de maîtrise et savoir-faire : il ajoute, notamment à partir de North by Northwest une deuxième clarinette basse, à la place d’une seule, ce qui va noircir encore un peu plus la couleur de la petite harmonie.
Les toutes dernières réalisations de Herrmann voient le compositeur poursuivre cette voie : deux synthétiseurs Moog s’ajoutent à l’orchestre déjà bien rempli de Sisters, où dominent en outre cloches, metal chimes et autres instruments à percussion. Il use des glissandi des cordes en les superposant aux interventions des synthétiseurs dans l’aigu. Dans It’s alive, c’est une guitare basse électrique qui égraine les déjà fameuses formules de quatre notes.

Sans entrer dans des considérations stylistiques détaillées et ennuyantes, il convient de qualifier à ce moment de notre exposé le style qui constitue la signature immédiate de la musique de Herrmann : on peut qualifier sans hésiter ce style de chromatico-augmenté : à partir d’une cellule simple, composée de deux accords, Herrmann introduit une ambivalence redoutable en faisant suivre de façon immédiate modes mineur et majeur. Il peut également à partir d’une pédale harmonique simple, jouer sur les modes et faire progresser une phrase insensiblement, par décalages chromatiques. Herrmann joue sur un terrain neutre, entre tonalité et atonalité, sans parti pris, mais avec son sens consommé de l’économie. Il n’y a ni provocation, ni prudence, ni passéisme dans ce langage qui oscille entre respect de l’ancien et détachement vis-à-vis d’une idée (fallacieuse) de progrès dans la musique. Il débute sa carrière avec des œuvres extrêmement avant-gardistes, voire dodécaphonistes, avant de revenir, presque immédiatement aux canons du romantisme. On retrouve cependant dans ses derniers opus, en particulier dans les B.O. de Sisters et de It’s alive, le désir de montrer qu’il n’est pas imperméable aux sirènes de son époque. L’on retrouve ainsi les traditionnels accords chromatiques augmentés, mais souvent présentés de façon étale (quatre notes), au-dessus de clusters de cordes. Nous ne sommes pas en présence d’une seule et même manière d’expression, mais d’une technique en constante révolution.
Analyser toutes les idées de Herrmann nécessiterait une relecture approfondie de chaque partition, ce qui n’est pas l’objet du présent dossier. L’on comprend cependant aisément à la lecture de ces quelques exemples combien l’apport a été en définitive important dans le paysage musical du XXe siècle.

IV : Ecouter et réécouter
- Enregistrements historiques
Il va de soi que les enregistrements où figurent, parfois isolément, quelques extraits de B.O. sont innombrables et nous ne pouvons nous permettre de les citer dans leur exhaustivité.
Herrmann a non seulement beaucoup dirigé ses compositeurs de prédilection, mais a également livré quelques très beaux témoignages de sa propre musique, notamment lors de son passage en Angleterre où il a notamment dirigé les orchestres londoniens (London Philharmonic), ainsi que le National Philharmonic Orchestra, une structure créée par Charles Gerhardt (qui signera quelques enregistrements majeurs de sa musique).
Parmi les œuvres enregistrées par Herrmann figurent quelques incontournables comme Les Planètes de Gustav Holst, granitiques et explosives, montrant parfois les limites des capacités des musiciens, mais également pas mal d’ovnis tels que la Cinquième symphonie de Joachim Raff (qui ressemble, sous sa baguette, à une symphonie de Herrmann, dès qu’interviennent les trombones ou les clarinettes du London Philharmonic), ou les concertos pour piano de Cyril Scott.
Herrmann enregistre également un très notable disque consacré à Debussy, où figure une étonnante (euphémisme) version du Clair de Lune. On citera enfin quelques étrangetés, comme ce florilège autour de Shakespeare, lequel regroupe notamment les Suites de Hamlet de Shostakovitch et de Richard III de Walton.
Mais c’est avant tout sa propre musique qui concentre notre attention : après les enregistrements de studio historiques et disponibles en vinyles, viennent les enregistrements de la seconde période, postérieure au départ de Hollywood. Herrmann décidé à laisser un témoignage de son activité passée reprend la plupart de ses partitions et les enregistre avec le concours du National Philharmonic. Tout d’abord les partitions appartenant aux genres classiques : la Symphony, Wuthering Heights ainsi que Moby Dick sont tour à tour enregistrées entre 1966 et 1975. Herrmann y ajoute quelques raretés tels que For the Fallen, pièce écrite pendant la Seconde guerre mondiale en hommage aux soldats disparus ainsi que The Fantasticks, un très beau et très peu spectaculaire cycle de mélodies d’après des poèmes de Nicholas Breton.
La musique de film occupe un pan entier de sa production : il reprend ses plus grands succès, notamment Psycho dont il donne une version quasi définitive (jusqu’à celle de Salonen, en quelque sorte), mais également des œuvres plus rares et fort intéressantes, telles que la suite de concert tirée de Jane Eyre, ou encore sa musique pour Jason and the Argonauts, dont les mouvements sont plus titanesques les uns que les autres. Lorsque Herrmann fait donner les cuivres, il ne les dérange pas pour rien…
Enfin, s’il fallait retenir encore deux enregistrements absolument indispensables, remarquons ses deux dernières B.O. consacrées à Brian De Palma : Sisters et Obsession, à ce jour jamais réenregistrées, ce que l’on ne peut que déplorer. L’enregistrement d’Obsession comporte également les numéros non utilisés.



- Enregistrements documentaires

Un grand nombre de B.O. ont été reprises et enregistrées à partir des années 1980. Il convient d’abord de citer le travail non négligeable de Charles Gerhardt, chez Decca, ami du compositeur, qui sera l’un des premiers chefs d’orchestre à considérer la musique de Herrmann comme potentiellement défendable hors du seul contexte de « musique de film ». Il parvient même à s’assurer les services de Kiri Te Kanawa pour une première reprise du pastiche de Massenet écrit par Herrmann pour Citizen Kane (l’imaginaire opéra sur Salammbô) et dont les paroles sont extraites du Phèdre de Jean Racine.
Gerhardt ouvre la voie, avec l’orchestre historique de Herrmann, bientôt suivi par d’autres noms plus ou moins connus, qui réalisent des enregistrements parfois inégaux, mais toujours passionnants, tant du point de vue documentaire que musical. Elmer Bernstein paie ainsi le tribut qu’il doit à l’un de ses maîtres spirituels, et réalise une version historique de la magnifique partition de Mrs Muir’s Adventure, réutilisant avec un rare bonheur la partition originale. Il procède de même pour une historique version de Taxi driver où il se révèle particulièrement à l’aise. Toujours dans le haut du panier, il convient de signaler le travail minutieux et fouillé du chef suisse Adriano sur la partition de Jane Eyre, qui, à la tête de la Radio slovaque, va jusqu’à reconstituer la petite partition d’une boîte à musique.
Jason and The Argonauts fait également l’objet d’un enregistrement intégral de la part du Sinfonia of London (ne pas confondre avec le Sinfonic), dirigé par Bruce Broughton ; là également l’intérêt documentaire prime, comme toutes les compilations d’extraits qui composent certains albums plus ou moins remarquables. Parmi ces derniers, citons le travail très inégal de l’Orchestre Philharmonique de la Ville de Prague, dirigé par Paul Bateman ; les cuivres souffrent, les bois sont un peu faibles, mais l’ensemble a le mérite de présenter quelques raretés, dont une suite d’On Dangerous Ground. Plus cohérents, les travaux d’archéologues de William Stromberg (chez Naxos et surtout avec l’Orchestre de Moscou) et de Joel Macneely (Royal Scottish Orchestra) ne passent pas inaperçus, notamment le Vertigo de Macneely qui se révèle un très grand enregistrement, agrémenté d’une prise de son somptueuse (on aura quelques réserves quant à sa Marnie, moins réussie au niveau de l’emballage sonore). Stromberg, qui ne travaille pas seulement sur Herrmann, livre quelques beaux enregistrements des Neiges du Kilimandjaro et quelques numéros de Mysterious Island (le crabe géant et ses rythmes à 7/4), mais qui sont parfois redondants par rapport aux propres enregistrements du compositeur.

Pour ce qui concerne les œuvres qui sortent de la musique de film, il convient de souligner toute la série éditée par Koch, sous la direction de James Sedares, dans les années 1980, laquelle comprend notamment le seul enregistrement de la Sinfonietta pour cordes (en attendant le prochain, prévu pour fin 2011), de la suite Currier and Ives et d’autres pièces comme la très belle élégie For the Fallen et le Concerto macabre issu du film Hangover Square et qui demeure à ce jour la pièce non filmique la plus enregistrée de Bernard Herrmann (version chez Naxos, Koch, Chandos, Naïve), ainsi que la Symphonie avec l’Orchestre de Phoenix (un enregistrement assez décevant, il convient de le souligner).
La musique de chambre n’est pas en reste, bien que les enregistrements soient relativement réduits : Echoes, le seul quatuor à cordes écrit par Herrmann (si l’on excepte une œuvre de jeunesse citée par Steven C. Smith) a fait l’objet d’au moins quatre enregistrements, tout comme le Quintette avec clarinette, avec qui il est logiquement couplé. Une version isolée du Quatuor par le Fine Arts Quartet est au catalogue de Naxos, ainsi qu’une version isolée du Quintette par David Shifrin et l’ensemble Chamber Music Northwest (Delos) ; une version remarquable, peut-être de loin la meilleure, du Quatuor et du Quintette réunis est à mettre au crédit du Texas Festival Chamber Ensemble (chez Albany, reprise du catalogue de Varese Saraband), tandis que Julian Bliss vient d’en enregistrer une avec le Tippett Quartet (Signum), que nous n’avons pas encore pu écouter. Il convient enfin de signaler la version historique réalisée par les Amici. Pour plus de précisions, la Bernard Herrmann Society liste les différents enregistrements en négligeant le tout dernier, ici : http://folk.uib.no/smkgg/midi/soundtrackweb/herrmann/articles/rec/echoes/

- Belles réussites

De ce fait, que retenir si l’on est réfractaire aux pièces de collection et que l’on souhaite ne posséder que quelques références : sans sourciller, le récital Herrmann par Esa-Pekka Salonen à la tête du Los Angeles Philharmonic (Sony) est sans doute à ce jour ce que l’on a fait de mieux, tant pour la qualité époustouflante des enregistrements que pour le choix des bandes sons. Salonen donne de la suite de Psycho une lecture parfaitement névrosée et conserve malgré tout une brillance de son chez les cordes propre à Herrmann (peu de vibrato, des archets comme figés). Autre grand moment, la suite de Fahrenheit 451 élève très haut la conception de « perfection ».
Rumon Gamba, un habitué du BBC Philharmonic (Chandos), a également, sans faire jeu égal avec Salonen, repris avec beaucoup de tact et d’à-propos la difficile partition de Citizen Kane, remise en ordre et passée au crible. Le résultat est plus que satisfaisant, malgré la rutilance d’un orchestre qui ne fait pas toujours dans la demi-mesure (un défaut récurrent de la BBC).
Michael Schonwandt promet enfin, toujours chez Chandos, une nouvelle version de Moby Dick et de la Sinfonietta, attendues, cela va de soi, avec impatience.
Conclusion : en musique !

Quoi de plus efficace de souhaiter à Bernard Herrmann un joyeux anniversaire… en musique. L’air est célèbre, je me suis permis de l’harmoniser comme Herrmann l’aurait peut-être fait.
V. Haegele: Happy Birthday, Mr Herrmann ! pour quatuor à cordes.
-->
(Quatuor Vertigo : Fanny Peter, 1er violon ; Marine Thorel, 2nd violon ; Vincent Haegele, alto ; Adrien Noble, violoncelle. Enregistré à Amiens, le 2 octobre 2011. Ingénieur du son: Nicolas Couton).

Vincent Haegele
Contrat Creative Commons
le petit concertorialiste by Théo Bélaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France

Libellés

Brahms31 Orchestre Philharmonique de Radio-France29 Schumann29 Chopin25 Mozart25 Quatuor23 Rachmaninov23 Mahler21 Orchestre de Paris21 Schubert21 Orchestre National de France19 Opéra17 Orchestres britanniques16 Pianistes français16 Ravel16 Choeur/Maitrise de Radio-France15 Violoncelle15 Bach14 Prokofiev14 Salonen14 Sibelius14 Bartok13 Chostakovitch13 Orchestres allemands/autrichiens13 Berg12 Edition musicale / historiographie12 Franck (M.)12 La Roque12 Tchaikovsky12 Cité de la Musique11 Debussy11 Haydn11 Järvi (Paavo)11 Mendelssohn11 Philharmonie de Paris11 Stravinsky11 Maison de Radio-France10 Wagner10 Berezovsky9 Ensembles/solistes baroques9 Lugansky9 Pianistes hongrois9 Buniatishvili8 Châtelet8 Hannigan8 Louvre8 Barenboim7 London Symphony Orchestra7 Opéra National de Paris7 Orchestres russes7 Pianistes italiens7 Schoenberg7 Bruckner6 Gergiev6 Jurowski6 Le Touquet6 Présences6 Ranki6 Strauss6 clarinette6 Andsnes5 Berlioz5 Bouffes du Nord5 Ciccolini5 Davis (Colin)5 Janacek5 Leonskaja5 London5 London Philharmonic Orchestra5 Masur5 Pollini5 Sokolov5 de la Salle5 Bastille4 Boulez4 Britten4 Cortot (salle)4 Dusapin4 Ensemble Intercontemporain4 Ensemble Modern4 Gatti4 Ligeti4 Moussorgsky4 Orchestres américains4 Philharmonia Orchestra4 Repin4 Rudenko4 Staatskapelle Berlin4 Wittgenstein4 Academia Santa Cecilia3 Alto3 Bagatelle3 Berlin3 Bruxelles3 Chung3 De Falla3 Denoke3 Dvorak3 Festival d'Automne à Paris3 Freire3 Gaveau3 Grange de Meslay3 Grimaud3 Hautbois3 Inbal3 Kalagina3 Klukon3 Kurtag3 Mantovani3 Mariinsky3 Medtner3 Muti3 Nigl3 Ollu3 Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg3 Orchestre Philharmonique de Vienne3 Palais Garnier3 Pletnev3 Rameau3 Rosen3 Rossini3 Saraste3 Seine Musicale3 Szymanowski3 Tetzlaff3 Thielemann3 Virsaladze3 Webern3 Widmann3 Zemlinsky3 Znaider3 Abbado2 Adorno2 Aix-en-Provence2 Angelich2 Arbo2 Auteuil2 Boulez-Saal2 Braunstein2 Breitkopf2 Buniatishvili (G.)2 Chauviré2 Chicago Symphony2 Choeur de l'Orchestre de Paris2 Concertgebouw d'Amsterdam2 Conolly2 Covent Garden2 Cowell2 Dalhaus2 Dohnanyi2 Dukas2 Dutilleux2 Ensemble Orchestral de Paris2 Fauré2 Fedosseyev2 Flûte2 Furtwängler2 Gershwin2 Gewandhaus Leipzig2 Glück2 Goerne2 Grieg2 Grinberg2 Gubanova2 H.J. Mayer2 Hahn2 Haitink2 Hanslick2 Harding2 Hengelbrock2 Heras-Casado2 Herrmann2 Hillborg2 Hirsch2 Honeck2 Institut Hongrois2 Ives2 Jansons2 Jordan2 Kavakos2 Khachatryan2 Klinton2 Koopman2 Kovacevich2 Kreisler2 Lachenmann2 Langrée2 Lutoslawski2 Lyapunov2 Manzoni2 Masycheva2 Matsuev2 Mattei2 Messiaen2 Meyer (Paul)2 Mullova2 Mälkki2 Noseda2 Oelze2 Orchestre Symphonique Tchaikovsky2 Orchestre du Conservatoire de Paris2 Orchestre du Festival de Lucerne2 Orsay2 Petibon2 Pontoise2 Prohaska2 Quatuor Arod2 Quatuor Artemis2 Quatuor Borodin2 Quatuor Diotima2 Quatuor Pavel Haas2 Roth2 Roussev2 Rydl2 Saariaho2 Saint Roch2 Sallinen2 Scriabin2 Sinfonia Varsovia2 Soulez2 Temirkanov2 Théâtre de la Ville2 Weber2 West-Eastern Divan Orchestra2 Youn2 Yuja Wang2 Zehetmair2 Zinman2 1041 Ablinger-Sperrhake1 Abrahamyan1 Académie d'Etat de Moscou1 Adams1 Adès1 Afkham1 Agache1 Aikin1 Aimard1 Ambronay1 Amy1 Antheil1 Antonini1 Ars Nova1 Ashkenazy1 Athénée1 Attahir1 BBC Symphony Orchestra1 Baechle1 Ballet1 Balthasar-Neumann Ensemble und Chor1 Barath1 Barber1 Barbican1 Barenboim (Michaël)1 Bashkirova1 Bausch1 Bedford1 Begley1 Benjamin1 Benzi1 Berglund1 Berio1 Berlinskaïa1 Blacher1 Blomstedt1 Bonitatibus1 Borodin1 Borodina1 Bou1 Bourion1 Bozar1 Brauer1 Bringuier1 Briot1 Bronfman1 Brunnet-Grupposo1 Bryant1 Buchbinder1 Bulycheva1 Bärenreiter1 Cage1 Cambreling1 Capuçon (G.)1 Carsen1 Casadei1 Casella1 Caussé1 Cerha1 Chailly1 Chamayou1 Chamber Orchestra of Europe1 Chapuis1 Charpentier1 Cheng1 Choeur National d'Estonie1 Choi1 Choir of Eltham College1 Christie1 Ciampollini1 Ciuller1 Clavecin1 Claycomb1 Cleveland Orchestra1 Collegium 17041 Colli1 Colonne1 Concert des Nations1 Condoluci1 Conlon1 Conservatoire Royal1 Coppey1 Cor1 Couperin1 Courkal1 Crapez1 Crumb1 Csalog1 Cuende1 Dalayman1 Dalbavie1 Damiens1 Danse1 Danto1 Dasch1 Davislim1 De Visée1 De la Fuente1 Delangle1 Delestska1 Demarquette1 Desjardins1 Deutsch1 Devilleneuve1 Diener1 Dohnanyi (E.)1 Dolgov1 Dombrecht1 Dubois1 Dudamel1 Dudinova1 Dumaux1 Duruflé1 Dutoit1 Eisler1 El Khoury1 Elgr1 Elliot1 Elsner1 End of the World1 Engerer1 Ensemble Avanti1 Ensemble Correspondances1 Ensemble Kanazawa1 Ensemble Musikfabrik1 Ensemble Pierre Robert1 Ensemble Resonanz1 Evin1 Eötvös1 Faber1 Farina1 Fasolis1 Faust1 Fedele1 Fedorova1 Fekete1 Fin du monde1 Fink1 Fiolia1 Fischer (I.)1 Fischer (J.)1 Forcalquier1 Forsyth1 Franck1 Frang1 Fray1 Fritz1 Frühbeck de Burgos1 Fujimura1 Gardiner1 Gerstein1 Giardinio Armonico1 Gilels1 Ginzburg1 Glanert1 Glazounov1 Gluzman1 Gould (S.)1 Granados1 Granjon1 Grimal1 Grisey1 Groves1 Groza1 Gubisch1 Gulbenkian1 Gutman1 Güra1 Hackbarth1 Haenchen1 Haendel1 Hampson1 Hantaï1 Harada1 Harteros1 Helmchen1 Henschel (D.)1 Henschel (J.)1 Henze1 Herlitzius1 Hoffman (Gary)1 Hofmann1 Honegger1 Hope1 Horowitz1 I Barrochisti1 Il Fondamento1 Inoue1 Invernizzi1 Isokoski1 Isserlis1 Izquierdo1 Jablonski1 Jalbert1 Jando1 Janowski1 Jansen1 Jarrousky1 Joneleit1 Josefowicz1 Juntunen1 Järvi (Neeme)1 Kaasch1 Kahn1 Kameneva1 Karnéus1 Karthäuser1 Karttunen1 Kaufmann1 Keohane1 Kerl1 Ketelen1 Kiss-B1 Kivy1 Kochanovsky1 Kodaly1 Kolosova1 Komsi (A)1 Komsi (P)1 Koroliov1 Kozhukhin1 Kravets1 Kremer1 Kriiku1 Krylov1 Kuijken (S.)1 La Monnaie1 Laneri1 Lang1 Lang Lang1 Larsson1 Le Sage1 Le Texier1 Legendre1 Leleux1 Lemalu1 Les Arts Florissants1 Les Siècles1 Liadov1 Lichdl1 Lille1 Lindberg1 Lingotto1 Linnebach1 Lisiecki1 Lisitsa1 Loges1 London Philharmonic Choir1 Lortie1 Los Angeles Philharmonic Orchestra1 Lucchesini1 Luks1 Lupu1 Maazel1 Madetoja1 Madzar1 Mahler Chamber Orchestra1 Maltman1 Manfrino1 Mann1 Marais1 Margita1 Marks1 Mattila1 Maxwell Davies1 Mehta1 Metcjetina1 Meyer1 Michelangeli1 Milling1 Minaar1 Moiseiwitsch1 Moroz1 Moscou1 Mosolov1 Müller-Schott1 Münchner Staatsoper1 Nagano1 Nahon1 Naughton1 Nelsons1 Nemo1 Netopil1 Neuburger1 New York Philharmonic1 Nono1 Nott1 Odinius1 Ohlsson1 Opéra Comique1 Opéra d'Etat de Vienne1 Orchestra dil Maggio Musicale Fiorentino1 Orchestra of the Age of Enlightment1 Orchestre Baroque d'Amsterdam1 Orchestre National de Lille1 Orchestre Philharmonique Tchèque1 Orchestre Philharmonique d'Helsinki1 Orchestre Philharmonique de Berlin1 Orchestre Philharmonique de Munich1 Orchestre Philharmonique de Rotterdam1 Orchestre Philharmonique de Varsovie1 Orchestre Révolutionnaire et Romantique1 Orchestre du Festival de Budapest1 Orchestre-Atelier Ostinato1 Oskrostsvaridze1 Ovenden1 Pahud1 Panula1 Papavrami1 Pappano1 Paris de la Musique1 Peintre1 Perahia1 Perenyi1 Perle1 Persson1 Pertusi1 Petersen (M.)1 Petrenko1 Pfitzner1 Philadelphia1 Philharmonie de Berlin1 Philharmonie de Cluj1 Piau1 Pintscher1 Pires1 Pittsburgh Symphony1 Plessner1 Poltéra1 Pons1 Poppe1 Poulenc1 Pratt1 Pärt1 Quatuor Arditi1 Quatuor Asasello1 Quatuor Bennewitz1 Quatuor Casals1 Quatuor Danel1 Quatuor Doric1 Quatuor Ebène1 Quatuor Emerson1 Quatuor Escher1 Quatuor Girard1 Quatuor Hagen1 Quatuor Kocian1 Quatuor Modigliani1 Quatuor Oistrakh1 Quatuor Parkanyi1 Quatuor Prazak1 Quatuor Renoir1 Quatuor Zaïde1 Quatuor Zemlinsky1 Queyras1 Rancatore1 Rasilainen1 Reich1 Reinecke1 Renavand1 Rimsky-Korsakov1 Robertson1 Roesel1 Rome1 Rophé1 Rose1 Rotterdam1 Rouvali1 Royal1 Rozanova1 Rubackyte1 Rundfunk Sinfonie-Orchester Berlin1 Räisäinen-Midth1 Röschmann1 SWR Baden Baden1 Saint Clotilde1 Saint Denis1 Saint Saëns1 Saint-Roch1 Salabert1 Salzburg1 San Francisco Symphony1 Savall1 Saxophone1 Sceaux1 Scherbakov1 Schleiermacher1 Schnittke1 Schukkof1 Schuster1 Schwanewilms1 Schäffer1 Segerstam1 Selig1 Semishkur1 Sempé1 Sequenza 9.31 Serdyuk1 Sidhom1 Silvasti1 Simonpietri1 Sinchuk1 Sinfonieorchester des Bayerischer Rundfunk1 Sinopoli1 Siragusa1 Sokolov (Valery)1 Solti1 Son (Y.E.)1 Sorokine1 Southbank Centre1 Spano1 Staatskapelle Dresden1 Staud1 Stenbaek1 Stockhammer1 Stoklossa1 Storgards1 Straka1 Suh1 Swensen1 Swingle Singers1 Synergy Vocals1 Tamestit1 Tansman1 Tchetuev1 Tchinchinadze1 Teitgen1 Texas Festival Chamber Ensemble1 Thomas (I.)1 Thorette1 Théâtre de Poche Montparnasse1 Tiberghien1 Tilson Thomas1 Tippett1 Tischenko1 Trifonov1 Trio Guarneri1 Trombone1 Turin1 Uchida1 Ursuleasa1 Usitalo1 Uusitalo1 Vanskä1 Varjon1 Varèse1 Vasquez1 Vassalo1 Vassilakis1 Vedernikov1 Veneziano1 Ventris1 Verbey1 Verdi1 Vocal Consort Berlin1 Vogt1 Voisin1 Volle1 Volmer1 Volodos1 Vondung1 Wegner1 Weinberg1 Welser-Möst1 Wesseling1 Weynants1 White1 Wispelwey1 Wit1 Yamada1 Yastrybeva1 Ye-Eun1 Yundi Li1 Zagorinskaia1 Zelenka1 Zhidkova1 Zimmermann (F-P)1 Zukerman1 Zukerman Chamber Players1 Zylberstein1 d'Oria Nicolas1 de Maria1
Plus d'éléments